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	<title>General &#8211; Juste Libre</title>
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		<title>I&#8217;m so bored with Daniel Mermet&#8230; ou pas</title>
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		<dc:creator><![CDATA[justelibre]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Dec 2015 10:43:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[« 1, 2, 3, 4, I&#8217;m so bored with you! ». Joe Strummer répétant pour la première fois avec ce qui allait devenir The Clash juge un peu limité le niveau du texte : « Chantons plutôt : I&#8217;m so bored with the USA! ». Le guitariste et le bassiste grognent : « Mais c&#8217;est pas ça qu&#8217;on voulait écrire. C&#8217;est [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>« <em>1, 2, 3, 4, I&rsquo;m so bored with you! </em>». Joe Strummer répétant pour la première fois avec ce qui allait devenir The Clash juge un peu limité le niveau du texte : « <em>Chantons plutôt : I&rsquo;m so bored with the USA! </em>». Le guitariste et le bassiste grognent : « <em>Mais c&rsquo;est pas ça qu&rsquo;on voulait écrire. C&rsquo;est une chanson sur ma copine : j&rsquo;en ai marre de toi !</em> »</p>
<p><span id="more-689"></span></p>
<p>Strummer venait de transformer l&rsquo;agacement d&rsquo;un mec pour sa nana en révolte contre l&rsquo;impérialisme Américain. Même si au départ ça partait du cœur, c&rsquo;est sûr que maintenant ça sonnait mieux. Plus intello. Ils auraient pu envoyer chier Strummer avec sa politique. Mais ils seraient peut-être pas devenu The Clash. Et pas de grandes tournées dans les stades américains. Ni de poses à bord de Cadillac&#8230;</p>
<p>Alors quand Daniel Mermet commente le film sur Howard Zinn et l&rsquo;histoire populaire américaine, je pars avec un a priori syndical négatif. I&rsquo;m so bored with Daniel Mermet! Polémiques récurrentes sur la façon dont il traite ses subordonné-es. Le bouquin de Howard Zinn sorti chez Agone, un éditeur qui a également fait du bruit pour maltraitance de salarié-es. Enfin. Espérons que ça s&rsquo;est bien passé pour l&rsquo;équipe.</p>
<p>La voix &#8211; parfois insupportable &#8211; de Mermet nous explique : « <em>L&rsquo;avantage des pauvres sur les sociologues c&rsquo;est qu&rsquo;ils savent de quoi ils parlent, à condition qu&rsquo;ils parlent</em> ». Tu l&rsquo;as dit bouffi. Et pourtant ils parlent. Pas forcément aux sociologues. Pas forcément dans les fragments d&rsquo;archives souvent écrites par des indicateurs de flics qui servent de sources aux historiens. Les meilleurs moments de ce film sont donc ceux où Mermet se tait et laisse la place à Howard Zinn. Et surtout lorsque les gens parlent.</p>
<p>Pardon. Pas les gens. Les <em>lapins</em>. La métaphore de Zinn, en historien des lapins contre les chasseurs plutôt bien trouvée finit par devenir un brin ridicule et usée en fin de course. Le film s&#8217;embourbe à l&rsquo;évocation de la guerre de 14-18. L&rsquo;intention de lier l&rsquo;histoire des luttes sociales Américaines avec celles de l&rsquo;Europe est louable. Et évidemment l&rsquo;évocation d&rsquo;Emma Goldman est la bienvenue quoique sans doute un peu sanctuarisée. Mais qui pourrait nous faire croire que la lutte des classes n&rsquo;a jamais traversée l&rsquo;histoire des USA et que personne n&rsquo;en parle ? Le monde universitaire Américain est prolifique en sciences humaines. Le film ne donne même pas envie de lire le livre.</p>
<p>Quand Mermet estime que l’antiaméricanisme n&rsquo;est plus de mise en Europe, je serais beaucoup moins catégorique. Encore récemment, suivant localement l&rsquo;une des dernières modes militantes contre le TAFTA, j&rsquo;ai constaté de vagues relents chauvins. Comme si l&rsquo;Europe n&rsquo;avait pas non plus ses multinationales. Ses propres intérêts. Les <em>lapins</em> Américains ont lutté durement. Pourquoi ne subiraient-ils pas eux aussi aujourd&rsquo;hui le TAFTA ?</p>
<p>Pour revenir et terminer en musique, l&rsquo;un des mérites de ce film est de nous mettre en tête la chanson « <em>Bread and roses</em> » reprise lors de la grève des ouvrier-es du textile de Lawrence, Massachusetts en 1912. Menée par les IWW, les femmes y jouèrent un rôle primordial. Lorsqu&rsquo;en mai 1857 depuis la Nouvelle-Orléans, Joseph Déjacque invective Proudhon et invente du même coup le néologisme libertaire, c&rsquo;est pour pointer la misogynie du patriarche. Si Emma Goldman avait joué avec les Clash, elle aurait peut-être chanté : «<em> If I can&rsquo;t dance, it&rsquo;s not my revolution!</em> ». Et ce serait parti du cœur.</p>
<p><a href="http://www.lesmutins.org/howard-zinn-une-histoire-populaire-50"><em>Howard Zinn, une histoire populaire américaine</em> / Les mutins de Pangée, 2015</a></p>
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		<title>Lost in the fall of movement</title>
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		<dc:creator><![CDATA[justelibre]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Dec 2015 01:35:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/05-donefor-lost-in-the-fall-of-a-movement.mp3 C&#8217;était un groupe qui répétait avec le notre dans un endroit nommé l&#8217;Académie de la Contre-Kultur. À Lyon dans le 9ème dans les années 2000. Il y avait des peintres, des poètes, des sculpteurs, des musiciens, des fous. Donefor a évolué vers un groupe qui s’appelait Overmars. Il reste pour moi ce titre « Lost [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<audio class="wp-audio-shortcode" id="audio-678-2" preload="none" style="width: 100%;" controls="controls"><source type="audio/mpeg" src="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/05-donefor-lost-in-the-fall-of-a-movement.mp3?_=2" /><a href="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/05-donefor-lost-in-the-fall-of-a-movement.mp3">https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/05-donefor-lost-in-the-fall-of-a-movement.mp3</a></audio>
<p><a href="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Lost-1.png"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignleft wp-image-679 size-full" src="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Lost-1.png" alt="Lost in the fall of movement - Donefor - In the arms of Octopus" width="2126" height="3088" /></a></p>
<p>C&rsquo;était un groupe qui répétait avec le notre dans un endroit nommé l&rsquo;Académie de la Contre-Kultur. À Lyon dans le 9ème dans les années 2000. Il y avait des peintres, des poètes, des sculpteurs, des musiciens, des fous.</p>
<p>Donefor a évolué vers un groupe qui s’appelait Overmars. Il reste pour moi ce titre « <em>Lost in the fall of a movement </em>» issu d&rsquo;un split EP entre les deux groupes.</p>
<p>Il m&rsquo;a semblé intéressant de reproduire les conditions d&rsquo;écriture de ce texte qui figurent dans le livret. Peut-être que les potes du groupe avaient un jour ressenti la même chose. Solidarité ?</p>
<p>«<em> Je juge trop les gens&#8230; Nous jugeons trop les gens.</em> »<br />
« <em>But I can&rsquo;t reach resistance in a world in which I&rsquo;m alone.</em> »</p>
<p><strong>NB &#8211; J&rsquo;ai mis en ligne ce morceau et l&rsquo;extrait de la pochette sans aucune autorisation du groupe. Si ils passent par ici qu&rsquo;ils n&rsquo;hésitent pas à <a href="https://justelibre.toile-libre.org/contact/">me contacter</a> dans le cas où ils seraient en désaccord avec cette démarche, j&rsquo;enlèverai tout ça promptement. </strong></p>
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		<title>Capture d&#8217;écran du documentaire OTH sur des charbons ardents</title>
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		<dc:creator><![CDATA[justelibre]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Dec 2015 00:23:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[General]]></category>
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					<description><![CDATA[« Et je me suis dit si je lâche la guitare, il va me foutre une baffe quoi. Et je me suis dit, je vais continuer à jouer en le regardant dans les yeux pour lui montrer que ne nous ce qu&#8217;on fait, c&#8217;est juste de la musique quoi, y&#8217;a pas de violence quoi. On voulait [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/OTH-Concert-sauvage-Montpellier.png"><img decoding="async" class="alignleft wp-image-675 size-full" src="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/OTH-Concert-sauvage-Montpellier.png" alt="OTH Concert sauvage Montpellier" width="1272" height="800" /></a></p>
<p>« <em>Et je me suis dit si je lâche la guitare, il va me foutre une baffe quoi. Et je me suis dit, je vais continuer à jouer en le regardant dans les yeux pour lui montrer que ne nous ce qu&rsquo;on fait, c&rsquo;est juste de la musique quoi, y&rsquo;a pas de violence quoi. On voulait juste exprimer quelque chose de positif. </em>»</p>
<p>Motch guitariste d&rsquo;OTH à propos d&rsquo;un concert sauvage à Montpellier en 1981 devant 200 à 300 personnes.</p>
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		<title>Ouvriers d&#8217;ArcelorMittal : quatre morts en moins d&#8217;un an</title>
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		<dc:creator><![CDATA[justelibre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Nov 2015 10:10:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Le 26 décembre 2014, sur le site sidérurgique d’ArcelorMittal de Dunkerque (59), un ouvrier de 36 ans décède percuté par une chargeuse. Le 12 avril 2015, un intérimaire de 21 ans meurt écrasé entre deux wagons. Selon Bernard Collin, le secrétaire CGT du Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) du site [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/logohfx80ko.png"><img decoding="async" class="alignleft size-full wp-image-195" src="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/logohfx80ko.png" alt="Sidérurgiste" width="249" height="166" /></a>Le 26 décembre 2014, sur le site sidérurgique d’ArcelorMittal de Dunkerque (59), un ouvrier de 36 ans décède percuté par une chargeuse. Le 12 avril 2015, un intérimaire de 21 ans meurt écrasé entre deux wagons. Selon Bernard Collin, le secrétaire CGT du Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) du site Dunkerquois le décès est intervenu durant une opération de déchargement sous-traitée. Ce jour-là les trois membres de l&rsquo;équipe était tous intérimaires et avaient très peu de formation. Le 13 juillet 2015, toujours à Dunkerque, Jérome 41 ans envoyé par l&rsquo;agence d&rsquo;intérim Randstad tombe dans la fonte en fusion à 1400°C. Sur le site de Fos-sur-Mer (13), le 10 septembre un ouvrier d&rsquo;une entreprise sous-traitante subit le même sort. Il avait 29 ans.<span id="more-194"></span></p>
<p>Les syndicats CGT Randstad France et ArcelorMittal dénoncent la précarisation croissante des effectifs et le recours à la sous-traitance qui entraînent une carence dans la transmission des savoir-faire. Les intérimaires ont deux fois plus d&rsquo;accidents du travail que les salariés en CDI avec une gravité elle-même deux fois plus importante. En intérim, le BTP est à lui seul responsable de 52 % des morts par accidents du travail. Sur les sites SEVESO seuil haut de ArcelorMittal en France, la précarité est passée de 5 % en 1992 à 21 % au 30 juin 2015. Suite au décès de Jérome à Dunkerque, des ragots ont rendu la victime responsable de l&rsquo;accident. En octobre 2015, l&rsquo;enquête est paralysée. «<em> À ArcelorMittal, quand tout va bien, ils deviennent très tatillons sur la sécurité et les conditions dans lesquelles évoluent leurs salariés. Quand l’entreprise va moins bien, là, personne ne s’attarde sur un gant ou un casque moins bien mis : le principal est de redémarrer au plus vite la production</em> », pointe Bernard Collin. La CGT a organisé une journée d’action le 15 octobre à Dunkerque avec 200 entreprises, une conférence de presse et la mobilisation d’intérimaires de Randstad France. Le sous-préfet en mode fataliste a rencontré poliment une délégation CGT. Malgré cette opération de sensibilisation peu de média nationaux en ont parlé.</p>
<p>Les suppressions de personnel massives ces dernières années ainsi que des défauts d&rsquo;entretien des installations – à Fos notamment entre 2008 et 2013 &#8211; ont des conséquences dramatiques sur les conditions de travail. Le syndicat CFDT d&rsquo;Arcelor à Fos dénonce quant à lui de multiples accidents du travail &#8211; thorax ou bras écrasé, doigt coupé, personne brûlée au second degré à la main ou au cou&#8230; &#8211; ainsi que l&rsquo;intention de supprimer les infirmières de nuit et les urgentistes du week-end. La volonté de morceler l&rsquo;entreprise afin peut-être de la dédouaner de ses responsabilités morales.</p>
<p>Depuis 1962, il y a eu 200 accidents du travail mortels chez Arcelor.</p>
<p>Halte au massacre ! Nos vies valent plus que leurs profits !</p>
<p>Sources :</p>
<ul>
<li>http://www.bastamag.net/Quatre-accidents-mortels-en-un-an-chez-ArcelorMittal-la-direction-pointe-le</li>
<li>http://cgtarcelordk.g.c.f.unblog.fr/files/2015/10/15n080n.pdf</li>
<li>http://ouvalacgt.over-blog.com/2015/11/l-interim-tue-4-morts-a-arcelor-mittal-en-un-an.html</li>
<li>http://www.lavoixdunord.fr/region/grande-synthe-suite-aux-accidents-mortels-randstad-ia17b47594n3134801</li>
<li>http://www.filoche.net/2015/10/15/arcelor-mittal-randstat-deux-chutes-d%E2%80%99interimaires-dans-la-fonte-en-fusion/</li>
<li>http://www.maritima.info/actualites/societe/fos-sur-mer/7017/arcelor-la-securite-au-centre-des-debats-apres-un-accident-mortel.html</li>
<li>http://www.usi.cgt.fr/le-syndicat/actualites/299-un-mort-de-trop.html</li>
<li>https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/un-mort-sur-le-site-arcelor-mittal-de-fos-sur-mer-1441912385</li>
<li>http://www.nordlittoral.fr/faits-divers/mort-dramatique-d-un-calaisien-a-arcelor-les-rumeurs-ia0b0n226412</li>
</ul>
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		<title>Je ne suis pas en guerre</title>
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		<dc:creator><![CDATA[justelibre]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Nov 2015 08:09:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[General]]></category>
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					<description><![CDATA[Texte traduit depuis le morceau Bloodsports par New Model Army &#8211; (Sullivan/Nelson/Dean/White/Gill) 2007 &#8211; Attack Attack Music/MCPS Je ne suis pas en guerre Des boîtes remplies de balles. Des caisses empilées avec des boîtes. Des uniformes et du matériel. Des repas emballés dans du plastique. Les navires sont chargés dans la nuit. Toutes les nuits [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><iframe loading="lazy" title="New Model Army - Bloodsports" width="625" height="352" src="https://www.youtube.com/embed/ASxXqY-E-Kk?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Texte traduit depuis le morceau <a href="http://www.newmodelarmy.org/index.php/the-music/lyrics/115-bloodsports"><em>Bloodsports</em> par New Model Army</a> &#8211; (Sullivan/Nelson/Dean/White/Gill) 2007 &#8211; Attack Attack Music/MCPS</p>
<p><strong>Je ne suis pas en guerre</strong></p>
<p>Des boîtes remplies de balles. Des caisses empilées avec des boîtes. Des uniformes et du matériel. Des repas emballés dans du plastique. Les navires sont chargés dans la nuit. Toutes les nuits ces navires sont chargés. Sous l&rsquo;éclat des projecteurs qui brûlent, la danse des nuées de moustiques.</p>
<p>Et dans le feu de ce soleil rouge sang, les vieux chefs continuent d&rsquo;envoyer ces jeunes hommes dans un monde d&rsquo;acier tordu et l&rsquo;odeur âcre du métal brûlant. Aujourd&rsquo;hui dans les rues de ma ville, nous nous regardons comme si nous étions des étrangers.</p>
<p>Mais dis le fort, crie le fort : je ne suis pas en guerre.</p>
<p>Il se murmure : « <em>ce corps que j&rsquo;ai reçu doit retourner à son créateur ; sous mes vêtements ces secrets cachés, le sacrifice que je dois offrir</em> ».</p>
<p>Un checkpoint. Des soldats. Des branches de cyprès qui s&rsquo;agitent. La lumière aussi dure que le verre. Et le ciel qui attend bleu et froid.</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui dans les rues de ma ville, nous nous regardons comme si nous étions des étrangers.</p>
<p>Mais dis le fort, crie le fort : je ne suis pas en guerre.</p>
<p>Ces mots stupidement vides pourraient s&rsquo;écrire sur la peau pâle et froide des morts gisant dans ces tombes précaires creusées le long des routes bombardées et bordées de palmiers.</p>
<p>À la terrasse des bars et des cafés, dans chaque ville, dans chaque nation, il y a ce sport sanglant sur les écrans. Ces voix tendues et atones. Il y a des caméras à côté des cimetières. Dans les chambres de torture. Des caméras dans le ciel pour guider ces missiles qui tombent.</p>
<p>Et dans le feu de ce soleil rouge sang, les vieux bourgeois envoient encore ces jeunes hommes dans un monde d&rsquo;acier tordu et l&rsquo;odeur âcre du pétrole brûlant.</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui dans les rues de ma ville, nous nous regardons comme si nous étions des étrangers.</p>
<p>Mais dis le fort, crie le fort : je ne suis pas en guerre.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Attentats de Paris du 13 novembre 2015</title>
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		<dc:creator><![CDATA[justelibre]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Nov 2015 09:16:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Le 13 novembre 2015, la région parisienne a été la cible d&#8217;attaques terroristes faisant au moins 129 victimes massacrées au nom d&#8217;un mensonge nommé dieu. Nous condamnons ces atrocités avec fermeté. Nous exprimons toute notre douleur et notre soutien aux proches de celles et ceux qui ont perdu la vie. La réponse des personnes qui [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/PerverspepereGotlib.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignleft size-medium wp-image-178" src="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/PerverspepereGotlib.jpg" alt="Pervers pépère - Gotlib" width="217" height="300" /></a>Le 13 novembre 2015, la région parisienne a été la cible d&rsquo;attaques terroristes faisant au moins 129 victimes massacrées au nom d&rsquo;un mensonge nommé dieu. Nous condamnons ces atrocités avec fermeté. Nous exprimons toute notre douleur et notre soutien aux proches de celles et ceux qui ont perdu la vie. La réponse des personnes qui agissent au nom de cette autre fiction qu&rsquo;est l&rsquo;État n&rsquo;a pas tardé. Unité, état d&rsquo;urgence, surveillance, guerre. Nous refusons cet appel à l&rsquo;unité derrière l&rsquo;État. Les libertés sont le fait de la société et non pas d&rsquo;institutions se plaçant au-dessus d&rsquo;elle. Elles ne sont jamais définitivement acquises. Elles méritent un combat permanent et un perpétuel développement. Après l&rsquo;unanimisme et les manifestations massives de janvier 2015, tout le monde est rentré chez soi. L&rsquo;État a géré la situation avec sa logique autoritaire qui ne garantit rien. Pas même, preuve en est, la paix et la sécurité dont il se déclare le gardien. La liberté implique le respect et le refus de dominer. Les identités sont multiples et mouvantes. Nous ne réduisons pas les individus à leurs seules dimensions de croyants ou non croyants.</p>
<p>L&rsquo;intégrisme islamique est un instrument de domination totalitaire et ultra-patriarcale. Quand bien même il s&rsquo;agirait d&rsquo;une réponse à l&rsquo;oppression, la fin ne justifie pas les moyens. Des États théocratiques et des forces politiques ou économiques puissantes se réclament ou appuient plus ou moins officiellement l&rsquo;islamisme. Le but serait de créer un empire (ou un califat) méprisant le reste du monde en le soumettant à sa loi. Mais la très grande majorité des musulman-es aspirent à pratiquer leur religion en paix et ne reconnaissent rien de ces meurtres dont elles/ils sont aussi les victimes. Parmi les ennemi-es de l&rsquo;islamiste figurent les musulman-es qui se positionnent en faveur de la laïcité. Il faut soutenir les personnes d&rsquo;origine africaine et orientales qui œuvrent à une critique des menaces que fait peser l&rsquo;intégrisme islamique sur la liberté et la justice.</p>
<p>Une ambiance xénophobe règne dans le pays depuis longtemps. L&rsquo;antisémitisme et le traitement particulier de l&rsquo;islam comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une religion « à part »  planent comme un spectre au-dessus de tous les débats. L&rsquo;extrême-droite qui n&rsquo;a de cesse de monter en France est ouvertement contre les musulmans. Elle charrie aussi avec elle une « tradition » antisémite répugnante. L&rsquo;État par sa politique impérialiste, raciste, sexiste et sécuritaire porte une lourde responsabilité. Entre 2000 et avril 2014, 127 personnes la plupart issues de l&rsquo;immigration ont été tuées lors d&rsquo;interventions policières. 17 lois portant sur la lutte contre l&rsquo;insécurité ont été votées. La police française inflige des traitements humiliants à des personnes qu&rsquo;elle suppose, au faciès, être musulmanes. Elle a tué un manifestant à Sivens dans le Tarn, il y a plus d&rsquo;un an. Le mouvement social est sans cesse criminalisé. L&rsquo;arsenal policier utilisé s&rsquo;est considérablement perfectionné. Les législations d&rsquo;exception concernant la lutte contre le terrorisme entraînent un arbitraire dangereux justifié par un état de guerre. Car la France intervient en Libye, au Mali, en Irak, en Afghanistan, en Syrie. Plus loin de nous des massacres se produisent dans l&rsquo;indifférence. Ni racisme, ni guerre de religions, ni patriarcat, ni État, ni capital. Nous appelons à nous réapproprier la liberté et la justice que les pouvoirs sacrés – étymologiquement la hiérarchie &#8211; bafouent chaque jour.</p>
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		<title>7 et 8 novembre 2015 : Foire aux Livres Anarchistes de Marseille et 50 ans du CIRA</title>
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		<dc:creator><![CDATA[justelibre]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Oct 2015 16:24:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[General]]></category>
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					<description><![CDATA[Samedi 7 novembre Foire aux Livres Anarchistes de Marseille (FLAM) 3ème édition De 10 à 22h Espace Cézanne, CRDP, 31 Bd d’Athènes, 13001 Marseille (Métro Gare Saint Charles) Organisé par le CIRA (Centre international de recherches sur l’anarchisme) Éditeurs présents : Alternative libertaire, K&#8217;A, Anarchist Black Cross, Louise Bottu, L&#8217;Atinoir, LPA, Le Chien rouge, Éditions [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/logoflamcira.png"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignleft size-medium wp-image-122" src="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/logoflamcira.png" alt="Logo FLAM CIRA 50 ans BH" width="267" height="300" /></a>Samedi 7 novembre Foire aux Livres Anarchistes de Marseille (FLAM) 3ème édition</strong><br />
De 10 à 22h Espace Cézanne, CRDP, 31 Bd d’Athènes, 13001 Marseille (Métro Gare Saint Charles) Organisé par le CIRA (Centre international de recherches sur l’anarchisme)</p>
<p>Éditeurs présents : Alternative libertaire, K&rsquo;A, Anarchist Black Cross, Louise Bottu, L&rsquo;Atinoir, LPA, Le Chien rouge, Éditions du Monde libertaire, CIRA Lausanne, Le Mot et le reste, CNT-AIT, Éditions Noir et rouge, CNT-SO, PROMEMO, Le Coquelicot, Réfractions, CQFD, Rue des Cascades, CRAS, Senonevero, Le Flibustier, Tahin Party, Front libertaire, Titanic-Toursky, Gaussen, UPF, Les Hauts fonds,  Z (revue). Et plein d&rsquo;autres sur le stand du CIRA Marseille.</p>
<p>Tables rondes<br />
16 heures &#8211; <em>L&rsquo;anarchisme à Marseille : une origine oubliée</em> Thierry Bertrand parlera de l&rsquo;antimilitarisme et PROMEMO établira les liens entre mouvement ouvrier et mouvement anarchiste avec Bernard Régaudiat et Gérard Leidet.</p>
<p>18 heures &#8211; <em>Actualité des pratiques libertaires dans les luttes contre les projets inutiles</em> avec la participation de Tomás Ibáñez (pour une introduction générale) et d&rsquo;acteurs des luttes de Sivens, Notre-Dame-des-Landes, No TAV et No THT 05.</p>
<p><a href="http://www.radio-libertaire.net/">Radio Libertaire</a> retransmettra l&rsquo;événement en direct de 15h30 à 20h30.</p>
<audio class="wp-audio-shortcode" id="audio-121-4" preload="none" style="width: 100%;" controls="controls"><source type="audio/mpeg" src="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/jingleflam.mp3?_=4" /><a href="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/jingleflam.mp3">https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/jingleflam.mp3</a></audio>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Dimanche 8 novembre Le CIRA fête ses 50 ans</strong><br />
12 heures – 19 heures &#8211; Espace Léo Ferré, Théâtre Toursky &#8211; 16, passage Léo Ferré – Marseille</p>
<p>Marionnettes, théâtre, musique, expos&#8230;</p>
<h2><a href="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/FLAM-50-ans-CIRA-Marseille-20151.pdf">Lire le programme détaillé (pdf &#8211; 5 p.) </a></h2>
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		<title>Air France : les habits neufs de l&#8217;empereur</title>
		<link>https://justelibre.toile-libre.org/2015/10/11/air-france-les-habits-neufs-de-lempereur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[justelibre]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Oct 2015 13:55:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[General]]></category>
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					<description><![CDATA[À Air France on annonce 2900 suppressions d&#8217;emplois (300 pilotes, 900 hôtesses et stewards, 1700 personnels au sol) puis 5000 à la suite des élections de 2017. Des chiffres brutaux et ahurissants. Puis des images tournent en boucle. À 9h30, le lundi 5 octobre, le Comité central d&#8217;entreprise (CCE) débute. À 10h30 un cortège de [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>À Air France on annonce 2900 suppressions d&#8217;emplois (300 pilotes, 900 hôtesses et stewards, 1700 personnels au sol) puis 5000 à la suite des élections de 2017. Des chiffres brutaux et ahurissants. Puis des images tournent en boucle. À 9h30, le lundi 5 octobre, le Comité central d&rsquo;entreprise (CCE) débute. À 10h30 un cortège de manifestants rassemblant toutes les catégories de personnels solidaires et unies se tient devant le siège d&rsquo;Air France. Le PDG Frédéric Gagey et le secrétaire de la CGC fuient par une porte dérobée. À 10h45, devant l&rsquo;indifférence, les manifestants investissent le CCE en réclamant la démission du PDG d&rsquo;Air France-KLM, Alexandre Juniac.</p>
<p>«<em> On nous dit qu&rsquo;il faut être transparents avec les clients mais vous est-ce que vous êtes transparents avec nous ? </em>» interpelle une hôtesse avant d&rsquo;ajouter : « <em>On est pas venu chercher le conflit Messieurs, on est pas venu pour être violents, on est pas venu pour vous manquer de respect » </em>mais pour<em> « avoir le sentiment, l&rsquo;impression d&rsquo;être pris en considération, juste ça. Mais même ça vous ne pouvez pas nous le donner ! </em>» La colère monte. Le DRH Xavier Broseta s&rsquo;enfuit torse nu après s&rsquo;être fait arracher sa chemise. La liquette de Pierre Plissonnier, numéro deux du long-courrier de la compagnie et son DRH à Roissy est aussi malmenée.</p>
<p>Passons sur le concert de réactions politiques et syndicales autour du thème de la violence. Choc ! Horreur ! On a essayé de mettre le roi à nu. Mais qui est le roi ? L&rsquo;État (actionnaire à 17 %) et le Capital qui contrôlent la compagnie. Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;une chemise quand on supprime 2900 emplois ? Deux dirigeants, deux chefs dont le torse a été mis à nu sont ainsi ramenés à leur simple condition d&rsquo;hommes par des travailleurs, des femmes et des hommes qu&rsquo;ils « gèrent » en tant que « ressource ». Où est la véritable humiliation ?</p>
<p>Nous soutenons l&rsquo;ensemble des salarié-es en lutte contre la férocité de ceux qui les dirigent. Nous serons vigilant-es sur la répression syndicale qui va suivre et nous appelons à une riposte massive des travailleurs et travailleuses au-delà des journées d&rsquo;action sans s&rsquo;en remettre aux élites et dirigeants, quels qu&rsquo;ils soient.</p>
<p>Grève générale expropriatrice !</p>
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		<title>La psyché anarchiste : une protestation vitale</title>
		<link>https://justelibre.toile-libre.org/2015/09/16/la-psyche-anarchiste-une-protestation-vitale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[justelibre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2015 20:27:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[General]]></category>
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					<description><![CDATA[« Ne chantez pas la mort, c&#8217;est un sujet morbide » Léo Ferré. « I just wanna walk right out of this world cause everybody has a poison heart » The Ramones. « Always look on the bright side of life » The Monty Python. « Love the li(f)e » Sage Francis. « Oh, viens la vivre. Ta joie de vivre » Barbara. « J’mangerai [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><iframe loading="lazy" title="Sage Francis - &quot;Love The Lie&quot;" width="625" height="352" src="https://www.youtube.com/embed/8tW1lKchlVI?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p style="text-align: right;">« <em>Ne chantez pas la mort, c&rsquo;est un sujet morbide</em> » Léo Ferré.<br />
« <em>I just wanna walk right out of this world cause everybody has a poison heart</em> » The Ramones.<br />
« <em>Always look on the bright side of life </em>» The Monty Python.<br />
« <em>Love the li(f)e</em> » Sage Francis.<br />
«<em> Oh, viens la vivre. Ta joie de vivre </em>» Barbara.<br />
«<em> J’mangerai un yaourt tous les soirs quand j’serai psychiatre avenue Mozart.» </em>Brigitte Fontaine.</p>
<p>Subvertir. C&rsquo;est ce que la psychanalyse aurait encore de mieux à faire à lire <em>La psyché anarchiste</em>. En 1979, Nathalie Zaltzman (1933-2009) écrit <em>La pulsion anarchiste</em> pour la revue <em>Topique</em> (1). Réédité en 2011, l&rsquo;article est mis en débat (2). Mais la confrérie paraît embarrassée. Quelle mouche avait piqué Nathalie Zaltzman pour choisir ce mot plutôt rare en psychanalyse ? Et quelle lecture anarchiste en faire ?<span id="more-84"></span></p>
<p>Dans le jargon freudien, les pulsions de vie sont expansives, unificatrices, possessives. Elles visent à l&rsquo;annexion, à l&rsquo;ordre. Elle sont grégaires et s&rsquo;opposent aux pulsions de mort théorisées par Freud après la Première Guerre mondiale. D&rsquo;abord dirigées vers l&rsquo;intérieur (autodestruction) puis vers l&rsquo;extérieur (agression), celles-ci « <em>tendent à la réduction complète des tensions</em> » (3). Elles cherchent à briser les liens. Pour Nathalie Zaltzman, la pulsion anarchiste est un courant de la pulsion de mort. Elle défait des attaches. C&rsquo;est une force de désordre qui proteste contre un ordre oppressant. Mais le mot anarchiste n&rsquo;est pas choisi pour son sens dit négatif. C&rsquo;est pour vivre libre en construisant de nouveaux liens émancipateurs que cette pulsion veut se délier. Un retour à soi. Un cri du corps. Elle défait la soumission au désir-besoin de l&rsquo;autre. Dès lors, la dynamique de vie peut à nouveau se déployer. La révolte peut s&rsquo;enrôler sous le drapeau de l&rsquo;amour mais celui-ci n&rsquo;est qu&rsquo;idéologique. Son énergie psychique naît des propres pulsions de mort de l&rsquo;individu afin de braver une mise en danger mortelle dans un rapport de force sans issue. «<em> Le mouvement anarchiste surgit lorsque toute forme de vie possible s&rsquo;écroule</em> » selon la psychanalyste et dans ce contexte il sauve « <em>une condition fondamentale du maintien en vie de l&rsquo;être humain : le maintien pour lui de la possibilité d&rsquo;un choix</em> ».</p>
<p>Camus partait de la question du suicide pour aboutir à son ambivalente formule : «<em> il faut imaginer Sisyphe heureux </em>». Bakounine écrivait qu&rsquo;«<em> il n’y a pas de révolution sans destruction profonde et passionnée, destruction salvatrice et féconde parce que précisément d’elle, et seulement par elle, se créent et s’enfantent les mondes nouveaux.</em> » (4) Dans sa «<em> folie très raisonnable</em> », Fritz Oerter semble répondre que « <em>l&rsquo;effort du socialisme ne doit pas être simplement destructeur</em> ». Mais « <em>pour les partisans du socialisme non-violent, on épargnera aucun châtiment, aucune persécution, les meneurs du mouvement seront jetés en prison ou en asile psychiatrique, on les abattra ou on les fusillera pour délits de fuite. La conséquence en sera que l&rsquo;esprit de ce mouvement en deviendra plus puissant</em> ». (5) Destruction réactionnaire. Sacrifice révolutionnaire. Schéma classique. Je n&rsquo;entends pas multiplier les fastidieuses références pour montrer à quel point l&rsquo;hypothèse d&rsquo;une dimension initiale en partie destructrice de l&rsquo;anarchisme – et plus globalement du mouvement révolutionnaire – est vraie. Elle est discutable. Mais difficile de la balayer vite fait. Ces psys nous renvoient un cliché sans doute répandu. Une raison pour tenter de comprendre.</p>
<p>C&rsquo;est dans sa pratique clinique que Nathalie Zaltzman repère une poussée libertaire : «<em> Le moment où la disjonction cesse de fonctionner, le corps de s&rsquo;affoler et la parole de s&rsquo;éloigner du corps est le moment où le patient se découvre libre de moi, libre de ne pas aimer, libre de ne pas être aimé, sans en mourir </em>». Ainsi prend-elle l&rsquo;exemple de l&rsquo;anorexie comme une volonté de délier la nourriture-amour de la nourriture-besoin par une mise en danger du corps qui n&rsquo;est pas à mettre sur le compte d&rsquo;une force libidinale mais bien d&rsquo;une pulsion anarchiste. À travers l&rsquo;expérience-limite, «<em> l’anorexique sauve ses raisons de vivre</em> ». La psychanalyste étend son étude aux Inuits décrits par Jean Malaurie (6). Lorsqu&rsquo;un chasseur décide de partir affronter l&rsquo;ours seul, sans réelle nécessité, les autres membres du groupe qui ont moins de force physique sont parfois saisis de <em>perdlérorpoq</em>. Un déchaînement de violence solitaire où la personne déchire ses vêtements et courre se confronter au froid extrême. Un missionnaire veut administrer du bromure à une femme saisie de <em>perdlérorpoq</em>. L&rsquo;entourage explique qu&rsquo;elle a juste trop de forces en elle et que ce paroxysme est salvateur. Ils veillent au déroulement de la crise, ne l&#8217;empêchent pas sauf en cas de danger mortel. Nathalie Zaltzman fait le rapprochement avec ces patients «<em> qui ont connu dans leur enfance le contresens du missionnaire, le bromure et ses équivalents, la suspicion de la folie, le désir des médecins et de l&rsquo;entourage familial de les calmer au lieu de reconnaître leur rébellion à l&rsquo;ordre et leur état de souffrance pour ce qu&rsquo;ils sont : une protestation vitale.</em> » L&rsquo;univers concentrationnaire où parmi les déportés « <em>les confiances ne s&rsquo;engagent que sous le signe de ruptures imminentes</em> » présente selon elle également la trace de cette pulsion anarchiste comme ressource de vie. Cette force libertaire, c&rsquo;est celle de la lucidité : «<em> pouvoir résister à la mort, c&rsquo;est d&rsquo;abord en reconnaître la présence et renoncer aux faux-fuyants. C&rsquo;est aux pulsions de mort anarchistes que l&rsquo;esprit humain emprunte la force de ne pas se réfugier dans le déni, l&rsquo;illusion, la dénégation</em> ».</p>
<p>À la différence d&rsquo;autres concepts, la pulsion de mort, trop controversée, ne s&rsquo;est pas imposée. Elle peut nourrir mélancolie ou masochisme. Mais sa place dans le courant vital est rejetée. D&rsquo;où de nombreuses impasses thérapeutiques selon la psychanalyste. Il est sans doute plus juste de parler de lien et de séparation plutôt que de vie et de mort. La psyché anarchiste déjoue la contrainte du Surmoi &#8211; constitué sur les interdits et exigences parentales &#8211; en rendant possible la multiplicité de l&rsquo;identité : «<em> quand tous les autres liens sont rompus (&#8230;) il reste quand même un lien vital qui est au fondement de la possibilité de survivre : le lien avec l&rsquo;ensemble humain.</em> » Alors la vie se danse entre union et division. Il n&rsquo;y a pas de totalité. De dépassement ultime. Rien d&rsquo;immuable. Ce qui fixe unilatéralement et définitivement s&rsquo;oppose à la vie. Il y a un jeu permanent entre liens et ruptures, la création d&rsquo;un compromis puis son annulation ou sa modification et un nouvel affrontement, une nouvelle recherche d&rsquo;accord. Le véritable ennemi du vivant se manifeste lorsque ces forces ne jouent plus entre elles, que ce soit la vie (le lien) ou la mort (la rupture) qui dominent. La pulsion anarchiste porte la psyché humaine comme bigarrée et contradictoire, luttant contre la fin des différences  : « <em>pas de refuge définitif dans un maternel réparateur ou désespérément hostile, mais un affrontement singulier (et peut-être courageux) de ce qui sépare et qui divise. Car le risque narcissique demeure constant : à force d&rsquo;investir l&rsquo;unité, la limite se perd. </em>» Les pulsions de mort qui animent toute séparation sont aussi celles qui permettent d&rsquo;affronter la différence des sexes. Or « <em>s&rsquo;il n&rsquo;y a pas de rébellion, s&rsquo;il n&rsquo;y a pas de « non », la différence est perdue.</em> »</p>
<p>La psychanalyse s&rsquo;est vue comme un moyen de régler les défaillances identitaires : souffrances existentielles, troubles narcissiques, dépressions informes, psychoses, somatisations, états-limites. Mais c&rsquo;est sur le plan collectif de la culture et de l&rsquo;histoire que la notion d&rsquo;identité a été gravement atteinte dans ses illusions vitales au cours du XXe siècle des totalitarismes et des exterminations de masse. Or la psychanalyse n&rsquo;agit que sur le plan individuel où l&rsquo;identité est inséparable du psychosexuel. Elle a été perçue comme un refuge promettant stabilité et relation amoureuse apaisée. Mais la promesse n&rsquo;a pas été tenue. Une rencontre est toujours un heurt. Aussi heureuse qu&rsquo;une relation d&rsquo;amour puisse être, elle ne stoppe pas &#8211; tant mieux &#8211; l&rsquo;instabilité et le mouvement. La psychanalyse ne crée pas de l&rsquo;ordre. Elle met à jour le désordre. Elle fait «<em> apparaître les forces de résistance qui s&rsquo;opposent à l&rsquo;accès à la différence des sexes.</em> » La société lui a payé son tribut. Transformée par ses découvertes, la différence des sexes ne ferait plus mal. La libido officialisée serait neutralisée : « <em>la pression sociale n&rsquo;a plus besoin d&rsquo;être puritaine. Son meilleur allié est Éros, et ses grandes unités qui effacent les petites différences – notamment la plus troublante, celle entre un homme et une femme.</em> » L&rsquo;égalitarisme qui commanderait à la mise en conformité du sexuel aux intérêts de l&rsquo;ordre social est progressiste. Mais cette égalité nierait la différence. L&rsquo;adulte se doit d&rsquo;accéder à l&rsquo;altérité en convertissant ce qu&rsquo;il y a d&rsquo;asocial dans le pulsionnel. Mais, pierre dans le jardin d&rsquo;enfants, l&rsquo;accès à l&rsquo;autre qui dérange et excite ne s&rsquo;apprendrait pas : «<em> le plaisir de la différence et son déplaisir existent dès le début de la vie psychique.</em> »</p>
<p>Voilà qui est bien définitif. Pour en arriver à utiliser le mot anarchiste, il faut vraiment que la profession soit poussée dans ses derniers retranchements. Critiquée de toute part sur son efficacité, sa phallocratie, son caractère bourgeois, vulgarisée, assainie, intégrée, plongée dans un état de coma avancé dont elle cherche désespérément à se sortir, cette théorie de la psyché anarchiste s&rsquo;applique au fond avant tout au sort de la psychanalyse elle-même. Ces psychanalystes ne brillent pas par leur connaissance de l&rsquo;anarchisme en tant que mouvements et idées. Ils partent d&rsquo;un fantasme de violence et d’asociabilité. C&rsquo;est évidemment contestable. Il y a presque un côté chrétien dans cette vision romantique, héroïque et naïve. Le déterminisme de la psychanalyse enferme les émotions humaines dans une causalité qui n&rsquo;est pas vraiment vérifiable – le « <em>délire scientifique</em> » désigné par Lacan. Dans sa pratique au moins elle a le mérite du libéralisme. On ne sait si il faut lui préférer la froideur du calcul des neurosciences. Mais dans sa force psychique initiale même l&rsquo;anarchisme c&rsquo;est rechercher du plaisir, jouir, jouer, aimer, s&rsquo;entraider, se lier, s&rsquo;ouvrir, s&rsquo;étendre, apprendre avec l&rsquo;autre, accorder souvent une confiance par défaut, rechercher la paix et l&rsquo;harmonie, la bienveillance. Il suffit d&rsquo;aller voir du côté de Kropotkine ou de Reclus. Dans la lutte, il y a de la vie. Car ce qui la motive c&rsquo;est aussi l&rsquo;amour. Non pas en tant qu&rsquo;idée – n&rsquo;en déplaise à Nathalie Zaltzman – mais comme énergie première. Ranger la force psychique de l&rsquo;anarchisme du côté de la mort même si c&rsquo;est pour s&rsquo;en défaire ensuite et même si c&rsquo;est en réponse à une force destructrice encore plus forte, c&rsquo;est finalement créer un ordre en une impossible mission : soumettre l&rsquo;anarchie à un seul schéma émotionnel.</p>
<p>Si la psychanalyse se vit avant tout, l&rsquo;anarchisme également. Pourtant les jeux de pouvoir continuent nécessairement. Parfois <em>ça</em> amuse. Parfois <em>ça</em> fait mal. «<em> Le ça est pour Freud le réservoir premier de l&rsquo;énergie psychique ; du point de vue dynamique, il entre en conflit avec le moi et le surmoi</em> » nous disent des psys (8). Ah&#8230; les conflits, les psychodrames c&rsquo;est donc <em>ça</em>. L&rsquo;anarchisme est-il la conscience du jeu du pouvoir subi ou exercé dans ce qu&rsquo;il a de mortifère et de vital ? Et partant, de ce qu&rsquo;il convient de faire avec cette science de notre malheur, notre courage face à la ruine, la malédiction, le paradoxe du pouvoir, l&rsquo;aller-retour inlassable entre idées et pratiques qui fait notre force pour construire ? Le fédéralisme libertaire, c&rsquo;est la possibilité de pouvoir s&rsquo;associer ou partir. C&rsquo;est-à-dire anticiper et respecter la division et l&rsquo;union, l&rsquo;association et l&rsquo;autonomie, le lien ou le repli vital, la liberté et l&rsquo;égalité. Ce qui s&rsquo;oppose à l&rsquo;émotionnel n&rsquo;est pas le rationnel mais l&rsquo;insensibilité ou la sentimentalité. Pour agir de façon raisonnable, il faut d&rsquo;abord avoir été touché par l&rsquo;émotion (7). Anarchistes, nous partons pour tout ou partie de l&rsquo;ego : négliger la compréhension des émotions, c&rsquo;est prendre le risque de courir à l&rsquo;échec. C&rsquo;est là aussi que se joue la domination. Mais à la différence de la psychanalyse, nous avons bien l&rsquo;ambition revendiquée d&rsquo;agir et de changer les choses sur le plan collectif. Or faut-il attendre voire exiger une revendication de conscience anarchiste de toutes et tous pour avancer vers l&rsquo;émancipation ? Si l&rsquo;anarchisme est pertinent c&rsquo;est qu&rsquo;il a sa place dans la psychologie humaine. En ce sens l&rsquo;hypothèse d&rsquo;un anarchisme inconscient – un pléonasme persifleront nos détracteurs ! &#8211; n&rsquo;est pas inintéressante. Son universalisation n&rsquo;est heureusement qu&rsquo;ébauchée dans ce livre. Le plus stimulant est peut-être pour nous ce qui est écrit sur l&rsquo;anarchisme et la différence. La grande unité, c&rsquo;est le totalitarisme. La sur-socialisation est la négation de l&rsquo;individu et donc aussi de toute véritable socialisation émancipée. La fameuse liberté altruiste ne consiste pas à nier l&rsquo;autre ou à l&rsquo;englober dans un amour infini. Certains liens ne peuvent s&rsquo;établir. Respecter ce qu&rsquo;il y a d&rsquo;irréductible et d&rsquo;incompréhensible chez autrui : sa singularité, sa liberté. Ce qu&rsquo;on ne peut pas analyser, décomposer et au fond détruire. Pour préserver la différence, la vie mouvante et captivante. La lucidité, le regard rationnel et matérialiste sur la fragilité du déni, du charme, du chant, du jeu et de l&rsquo;illusion.</p>
<p style="text-align: right;">Alexis.</p>
<p>(1) Revue de psychanalyse créée en 1969 par Piera Aulagnier (compagne de Cornelius Castoriadis) en même temps que le <em>Quatrième groupe</em>, scission de<em> l&rsquo;École Freudienne de Paris</em> fondée par Lacan.<br />
(2) PUF, 226 p.<br />
(3) Laplanche, Pontalis, Lagache (dir.),<em> Vocabulaire de la psychanalyse</em>, PUF, 7e édition.<br />
(4) <em>Œuvres complètes</em>, Champ Libre, vol. IV, p. 223.<br />
(5) « <em>Violence ou non-violence ? </em>», ACL, 2015, p. 28.<br />
(6) « <em>Les derniers rois de Thulé</em> », Terre Humaine, 1955.<br />
(7) Hannah Arendt, <em>Du mensonge à la violence</em>, p. 163. Émotion tient sa racine étymologique de mouvement qui donne aussi émeute.<br />
(8) <em>Vocabulaire de la psychanalyse</em>, <em>op.cit.</em></p>
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		<title>Georges-Réné Lerouge</title>
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		<dc:creator><![CDATA[justelibre]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Apr 2015 09:12:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[General]]></category>
		<category><![CDATA[Devinette]]></category>
		<category><![CDATA[Humour noir]]></category>
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					<description><![CDATA[Nous reproduisons ci-dessous une notice biographique trouvée dans la brochure La propagande par le fait, CIRA de Marseille, 2004, 22 p. Georges-René Lerouge semble avoir été presque complètement oublié par les historiens qui ont parlé de la propagande par le fait. C’est seulement dans le livre de son ami Robert White (Twenty years of anarchist [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/etiquette-cuvee-cira-1998.jpg"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignleft wp-image-72 size-medium" title="Étiquette cuvée CIRA 1998 par Wolinski" src="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/etiquette-cuvee-cira-1998.jpg" alt="Étiquette cuvée CIRA 1998 par Wolinski" width="214" height="300" /></a><strong>Nous reproduisons ci-dessous une notice biographique trouvée dans la brochure <em>La propagande par le fait</em>, CIRA de Marseille, 2004, 22 p.</strong></p>
<p><strong>Georges-René Lerouge</strong> semble avoir été presque complètement oublié par les historiens qui ont parlé de la propagande par le fait. C’est seulement dans le livre de son ami Robert White (<em>Twenty years of anarchist activities</em>, London, Libertarian Press, 1937) qu’il est évoqué.</p>
<p>Il est né en 1870 pendant la Commune de Paris dans le quartier des Batignoles. Ses parents réussissent à échapper aux hordes versaillaises. Ils peuvent se réfugier avec leur jeune fils dans la banlieue de Bruxelles.</p>
<p>À la fin des années 1880, il peut revenir à Paris. Il exerce le métier de conducteur de fiacre. Influencé par les propagandistes par le fait, il mène sa première action en 1892. Il participe à l’incendie des locaux d’une compagnie de fiacres. Les employés menaient une grève très dure et leur patron était intransigeant. 53 fiacres partirent ainsi en fumée.</p>
<p>En 1894, il se rend avec quelques camarades à Nancy. Il y démonte entièrement la statue du boucher de la Commune Adolphe Thiers. Elle sera renvoyée par pièces détachées aux rédactions des principaux journaux de l’époque.</p>
<p>Opposé aux assassinats, il abandonne les matières dangereuses explosives et incendiaires. Il publiera même une lettre ouverte dans le journal <em>Le Temps</em>. Cette lettre lui vaudra un certain nombre d’inimitiés.</p>
<p>Quelques années avant Alexandre Marius Jacob, il se lance dans la reprise individuelle. Il décide de s’attaquer aux biens des parasites de la société : huissiers, juges d’instruction, avoués… Le nombre de ses cambriolages est impressionnant. Il n’hésite pas à emporter des coffres-forts sur une charrette pour les démonter à l’abri. Une partie du butin finance les activités anarchistes de son temps.</p>
<p>À la suite d’une dénonciation, il est arrêté en 1898 et se retrouve à la prison de Mazas. À son procès, ses amis dessinateurs de <em>L’Assiette au Beurre</em> témoignent en sa faveur. Faute de preuves, il est vite libéré.</p>
<p>Il se lance ensuite dans le mouvement coopératif. Il monte une coopérative de machines à écrire puis de distribution de produits laitiers.</p>
<p>Passionné par les archives, il est l’un des fondateurs du Centre mondial d’histoire des mouvements communalistes (CMHMC).</p>
<p>Pour financer cette association, il met chaque année en vente des fromages produits par des amis anarchistes. Les étiquettes des boîtes de camembert, de livarot ou de brie sont dessinées par les grands peintres et illustrateurs de l’époque : Jossot, Steinlen, Delannoy et même Luce, Signac et Pissarro.</p>
<p>Grâce à l’argent réuni, un local a été acheté et a fonctionné sur les bords du Canal de l’Ourcq jusqu’en 1914.</p>
<p>C’est à cette époque que l’on perd la trace de Georges-René Lerouge. Grand voyageur, il parcourait la France à la recherche d’archives. Il organisait des conférences de Lille à Nice ainsi que des réunions champêtres sur les bords de l’Oise ou de la Marne. Les derniers témoins l’ont vu aux Escaladous, un village des Cévennes et à Rognac, au bord de l’Étang de Berre où il retrouvait son ami Han Ryner.</p>
<p>Georges-René Lerouge mérite de sortir de l’oubli. Avis donc aux chercheurs !</p>
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