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	<title>Industrie &#8211; Juste Libre</title>
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		<title>L’État, c’est l’anarchie !</title>
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		<pubDate>Tue, 14 Apr 2020 20:23:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[Les anarchistes n’ont eu de cesse d’expliquer que l’anarchie c’était l’ordre moins le pouvoir, d’utiliser d’autres dénominations comme libertaire voire autogestion pour nommer leur projet de société, bref de donner un aspect positif à l’anarchie. Il reste, malgré tout, que, pour beaucoup, ce mot est négatif : synonyme de désordre, de malheur, d’inorganisation, de guerre etc. [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Les anarchistes n’ont eu de cesse d’expliquer que l’anarchie c’était l’ordre moins le pouvoir, d’utiliser d’autres dénominations comme libertaire voire autogestion pour nommer leur projet de société, bref de donner un aspect positif à l’anarchie. Il reste, malgré tout, que, pour beaucoup, ce mot est négatif : synonyme de désordre, de malheur, d’inorganisation, de guerre etc.</p>
<p><span id="more-1038"></span></p>
<p>En lisant un ouvrage intitulé <em>La damnation de Fos</em> (1) qui raconte la construction d’un complexe pétrolier et sidérurgique dans une région où il n’y avait quasiment aucune industrie, j’ai été frappé par l’usage très fréquent du terme « anarchie » pour décrire la façon dont cette opération d’aménagement a été organisée. L&#8217;emploi est négatif. Mais, ici, ce qui est significatif, c’est qu&rsquo;il s’applique à un projet entièrement décidé d’en-haut par l’appareil bureaucratique français et le capital investissant dans le pétrole et l’acier. À lire cette histoire, l’État et le capital ont, effectivement, engendré un désordre total dans ce paisible endroit. L’irruption de la décision d’État a complètement bouleversé les équilibres sociaux, politiques, économiques, sanitaires et environnementaux. L’État a, négativement, provoqué l’anarchie.</p>
<p>L’État c’est l’ordre. Dans les faits, ce n’est pas si évident. L’État est une abstraction. Il nomme. Il peut, par le verbe, énoncer une vérité : il est vrai qu’il faut installer ces usines ici, il est vrai que nous sommes en guerre, il est vrai que le dépistage de tel virus ne sert à rien, il est vrai que les besoins essentiels à la vie sont les suivants etc. Ainsi sont prononcés une série de lois, de classements, de mesures, de normes. Pour qu’il y ait action, il faut bien faire appel à des intermédiaires qui vont rendre tangibles cet ordonnancement. Dans le cas de Fos-sur-Mer, beaucoup de choses ont été corrigées – une sorte de <em>feedback</em> &#8211; par le biais d’institutions que l’on pourrait qualifier de petits gouvernements, les communes en particulier. L’État entendait bien que celles-ci se regroupent de façon autoritaire : elles étaient trop petites, elles ne lui ressemblaient pas assez dans sa propre dimension. Il y eu un affrontement, un rapport de force permanent entre les communes de la région et l’État dans ce projet.</p>
<p>Aujourd’hui le monde subit une pandémie. Au risque de me livrer à une comparaison hasardeuse, dans le vrai sens du terme, puisque je termine la lecture dudit livre au moment où cette situation nous tombe sur la tête, je réalise néanmoins que l’action de l’État, à nouveau, se caractérise par un désordre. Les décisions, les informations, les mots d’ordres sont incohérents et contradictoires. La vérité du jour n’est pas celle d’hier etc. Mais si le pays – et une grande partie du monde – est ralenti dans ses activités considérées comme non vitales dans la situation présente, c’est que nous l’acceptons. Nous souscrivons à la vérité : il y a danger à socialiser. Et si un tel agencement est possible c’est que chaque individu, chaque groupe social croit à cet énoncé. En ce sens, évidemment, l’État ne peut rien sans la société, y compris, bien sûr et surtout, sans les groupes sociaux qu’il rémunère directement pour faire exécuter sa loi.</p>
<p>Il faudrait pouvoir approfondir ce que signifie le mot d’ordre – avec ou sans jeu de mot. Il y a-t-il réellement dualité avec la notion de désordre ? Existe-t-il un rangement ou un dérangement définitif ? Par ailleurs, certains examens critiques des essais historiques d’ampleur du mode d’organisation anarchiste, en particulier en Espagne dans le contexte de la guerre civile, semblent montrer que les instances libertaires se sont progressivement centralisées et bureaucratisées. Comme si en chassant l’État, il revenait au galop.</p>
<p>Mais si nous acceptons les injonctions étatiques, c’est qu’outre la crainte de la sanction, il est humain d’aspirer à l’ordre ou à l’harmonie. Ce récit de la construction de ce monstre industriel et technocratique à Fos-sur-Mer exprime la notion de désorganisation peut-être parce que son auteur croit ou attend de l’État, et en particulier de cet État gaulliste, planificateur, volontaire, ambitieux, quelque chose d’idéalement ordonné. Il y a un gouffre, une faille immense entre cet idéalisme, ce zonage soigneux et les faits. Cette croyance subsiste aujourd’hui. Car, oui, enfin, le Sénat, lui-même, avait pondu un rapport de plus de 200 pages prévoyant la pandémie. Oui, l’État devrait produire de l’ordre.</p>
<p>À Fos-sur-Mer, un nouvel ordre a été institué dans le chaos. Il a été admis parce qu’il est insupportable de vivre dans l’incohérence : ce sont les groupes humains et les individus aux divers niveaux des strates sociales, qui ont calmé le délire étatique. Cela fût accepté, aussi, parce que des groupes y avaient un intérêt économique notamment. Les questions sanitaires et écologiques se sont posées dès le départ. Elles ont été considérées comme des dégâts collatéraux, comme quelque chose que l’on pourrait techniquement corriger, comme un moindre mal.</p>
<p>Avec la pandémie, c’est la question sanitaire qui est décrétée comme centrale. Nous saisissons bien l’inanité des propos des représentants de l’État. Nous le savons. Ils ne peuvent rien, à part édicter. Dans le discours du chef résonne la boucle de rétroaction, le retour, le renvoi de ce que nous faisons et disons, notre propre correction dans le texte. Mais nous souhaitons l’ordre parce que nous voulons rester vivants en société. Nous avons la conscience de nos individualités, de nos cultures, de nos liens, du soin et de l’attention qu’il faut porter aux autres, de l’importance de celles et ceux qui agissent au sein des établissements qui, actuellement, peuvent nous prémunir du danger. C’est ça qui permet de tenir contre l’absurdité et la destruction que l’État et l’argent provoquent.</p>
<p style="text-align: right;">Alexis.</p>
<p>(1) Bernard Paillard, Seuil, 1981, 277 p.</p>
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		<title>« Tumeurs et Silences » autour de l&#8217;étang de Berre</title>
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		<pubDate>Thu, 20 Feb 2014 18:34:53 +0000</pubDate>
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		<title>Le temps de vivre</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Dec 2013 13:07:47 +0000</pubDate>
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<p>C&rsquo;est d&rsquo;abord un livre paru en 1965 écrit par André Remacle journaliste et écrivain communiste marseillais. L&rsquo;histoire se déroule à Martigues qui est alors pleine expansion industrielle. Le pétrole et la bagnole règnent. Louis est ouvrier dans le bâtiment. Il travaille sans relâche et fait des heures supplémentaires à n&rsquo;en plus finir. La fatigue le gagne, la télé pour seul dérivatif, sa femme, ses enfants, leurs études tout cela n&rsquo;est qu&rsquo;une sorte de mirage halluciné autour de lui. Un peu comme pour le héros de <em>La classe ouvrière va au paradis</em>, Louis se réfugie dans le travail. Sa femme s&rsquo;éloigne peu à peu de lui et fréquente l&rsquo;instituteur de son fils. La production capte l&rsquo;ensemble de ses désirs et il en devient presque fou.<span id="more-528"></span></p>
<p>Le livre n&rsquo;est pas écrit dans un style inoubliable. Pour ceux qui connaissent Martigues, on y retrouve les lieux tels qu&rsquo;ils étaient il y a 50 ans. Mais l&rsquo;intérêt de ce roman réside surtout dans cette critique du productivisme – plutôt hétérodoxe pour un auteur communiste. On discerne bien aussi cette séparation artificielle entre la culture et le travail ; l&rsquo;opposition néfaste entre l&rsquo;aspiration à la justice d&rsquo;une part et le désir de liberté d&rsquo;autre part. La femme de Louis est tentée par une aventure avec un intellectuel qui symbolise à la fois la liberté et la culture. Louis se tue à la tâche pour payer le confort de sa famille – aspiration à la justice ouvrière – mais ce faisant il s&rsquo;aliène, s&rsquo;enferme, perd sa liberté, sa curiosité, son désir.</p>
<p>On retrouve là nombre d&rsquo;aspirations qui éclateront pendant les événements de mai et juin 1968. Ce livre a été adapté au cinéma par Bernard Paul. Or le tournage s&rsquo;est déroulé à Martigues durant les grèves de 1968. Beaucoup de choses contenues dans le récit du livre explosent enfin dans tout le pays : les cadences infernales, la séparation entre intellectuels et manuels, l&rsquo;aliénation par le travail, la consommation, la télévision, la bagnole etc.</p>
<p>Georges Moustaki compose la musique du film, c&rsquo;est le <em>Temps de vivre</em>, chanson emblématique qui connut un immense succès, beaucoup plus que le livre et le film en tout cas. Esthétiquement, il est clair que cette chanson dépasse largement le livre. L&rsquo;amour et la révolution ont toujours été des thèmatiques aux sources historiques de la chanson. Celle-ci épouse les deux.</p>
<p>« <em>Viens, écoute ces mots qui vibrent sur les murs du mois de mai. Ils nous disent la certitude que tout peut changer un jour </em>».</p>
<p>Mai 68 a été un échec. Et l&rsquo;appel de ce livre, de ce film et de cette chanson sonne toujours plus vrai. Car tout s&rsquo;est encore accéléré depuis. Rivés à nos comptes Facebook exposant narcissiquement nos vies, attachés à nos Iphone, nos tablettes, derrière nos écrans plats,  scrutant nos messageries&#8230; Courant après le temps dans les transports, le travail, la vie de famille. Avec cette pénible sensation d&rsquo;être toujours débordés.</p>
<p>Il semble que la vérité du <em>Temps de vivre</em> est dans ce constat : une grande partie du pouvoir réside dans le temps, le rythme et la vitesse. Celui ou celle qui va vite impose son pouvoir et sa violence. Entre une caresse et une gifle, n&rsquo;est-ce pas au fond qu&rsquo;une question de vitesse ? (1) Une révolution juste et libre ne pourrait que laisser à chacun la possibilité d&rsquo;user de son temps comme il le souhaite et à son rythme.</p>
<p>(1) Sur le plan philosophique, ces questions sont abordées dans les livres d&rsquo;Hartmut Rosa.</p>
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		<title>Pétrochimie : les travailleurs de Kem One mis en péril</title>
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		<pubDate>Tue, 26 Mar 2013 13:56:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Industrie]]></category>
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		<category><![CDATA[Syndicalisme]]></category>
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		<category><![CDATA[Redressement judiciaire]]></category>
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					<description><![CDATA[C’est certes un redressement mais judiciaire pas productif. Lundi 25 mars 2013, le pôle vinylique Kem One, dont la production sert notamment à la fabrication de PVC, a été placé en redressement judiciaire suite à cessation de paiement. Ignorant les mises en garde syndicales sur le danger de la démarche, Arkéma avait cédé cette branche [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p lang="fr-FR">C’est certes un redressement mais judiciaire pas productif. Lundi 25 mars 2013, le pôle vinylique Kem One, dont la production sert notamment à la fabrication de PVC, a été placé en redressement judiciaire suite à cessation de paiement. <span id="more-248"></span>Ignorant les mises en garde syndicales sur le danger de la démarche, Arkéma avait cédé cette branche en juillet 2012, pour un euro symbolique, à l’homme d’affaire américain Gary Klesch tout en épongeant 587 millions d’euros de pertes et en fournissant 98 millions de trésorerie. Une opération saluée en bourse comme il se doit. Klesch, qui n’a jamais gardé une entreprise plus de quatre ans, a utilisé les installations pour s’enrichir, fragiliser l’activité et piller la trésorerie sans investir quoi que ce soit.</p>
<p lang="fr-FR">1800 salarié-es sont concerné-es en France. Si selon la CGT, le paiement des salaires est garanti lors de la procédure de redressement judiciaire, le sort de l’entreprise reste très incertain. Gary Klesch ne veut conserver que l’aval de la production entraînant un morcellement des activités dénoncé par les syndicats. Pendant une période de 3 à 18 mois, deux administrateurs et un expert vont se pencher sur les comptes opaques de la société et tenter de trouver une solution viable pour les usines. Le Maire communiste de Martigues appelle à une nationalisation temporaire. Fin novembre 2012, pour ArcellorMittal, Arnaud Montebourg s’était fait remballer avec une telle proposition. La CGT souhaite mettre Arkéma et Total devant leurs responsabilités et propose une filialisation de l’entreprise au sein du groupe Total.</p>
<p lang="fr-FR">Dans la région, Kem One dispose de deux installations à Lavéra et Fos (615 personnes). Mais les travailleurs provençaux de la chimie craignent un effet domino en raison de l’interdépendance de l’ensemble des unités de production alimentées par le principal port européen de livraison pétrolière à Fos. Entre 17 000 et 35 000 travailleurs sont potentiellement menacés. La CGT et FO ne prévoient pas de mettre à l’arrêt les installations afin de montrer que les travailleurs veulent continuer à produire tant qu’ils en auront la possibilité. La grève est donc exclue pour l’instant. FO a effectué un blocage symbolique de l’usine, lundi 25 mars. Suite à une AG réunie le 26 mars, l’intersyndicale a demandé le départ de Gary Klesch.</p>
<p lang="fr-FR">Au moment de la cession par Arkéma, une polémique avait opposé l&rsquo;émission <a href="http://www.la-bas.org/">La bas si j&rsquo;y suis</a>, le journal <a href="http://www.fakirpresse.info/">Fakir</a> et le <a href="http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&amp;id_article=394">collectif Pièces et Main d’œuvre</a> au sujet des nuisances qu&rsquo;entraîne la production de Kem One. Le cœur du débat opposait les pro-industrie défendant l&#8217;emploi à tout prix et les anti-industriels pour qui « <em>nos vies valent plus que nos emplois.</em>» Un livre retrace cette controverse : <strong><em>Métro, boulot, chimio &#8211; </em><em>Débats autour du cancer industriel</em></strong>, Le Monde à l&rsquo;envers, octobre 2012.</p>
<p style="text-align: right;">Groupe Orwell de la Fédération Anarchiste &#8211; Martigues.</p>
<p>&nbsp;</p>
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