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	<title>Syndicalisme &#8211; Juste Libre</title>
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		<title>Baltasar Lobo et la Jeune fille : une sculpture anarchiste</title>
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		<dc:creator><![CDATA[justelibre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 May 2026 10:18:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Anarchisme]]></category>
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					<description><![CDATA[Télécharger en pdf J’ai fait la connaissance de Baltasar Lobo à Martigues dans la région de Marseille. Plus exactement, c’est sur le parvis devant le tribunal de pêche, quai Lucien Toulmond, que j’ai rencontré sa Jeune fille. Il n’est pas si courant de croiser des sculptures sur le chemin de son quotidien ; l’art de la [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Baltasar_Lobo_Jeune fille_sculpture_anarchiste.pdf" target="_blank" rel="noopener">Télécharger en pdf</a></p>
<p>J’ai fait la connaissance de Baltasar Lobo à Martigues dans la région de Marseille. Plus exactement, c’est sur le parvis devant le tribunal de pêche, quai Lucien Toulmond, que j’ai rencontré sa <em>Jeune fille</em>. Il n’est pas si courant de croiser des sculptures sur le chemin de son quotidien ; l’art de la rue, l’art dans la vie.</p>
<p>Localement parfois surnommée “La petite sirène” en référence à la célèbre statue de Copenhague, elle est assise au milieu des camions servant aux pêcheurs, des voitures, à côté du bar des Halles, à peine remarquée ; gênant le passage comme une anomalie oubliée et laissée pudiquement de côté.</p>
<div id="attachment_1165" style="width: 210px" class="wp-caption aligncenter"><a href="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig1-scaled.jpg" target="_blank" rel="noopener"><img fetchpriority="high" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-1165" class="wp-image-1165 size-medium" src="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig1-200x300.jpg" alt="Jeune fille, Baltasar Lobo, 1968, bronze, 1,05 m x 0,55 m x 0,50 m, fonderie Valsuani, Paris, 3/8 ; parvis de la Prud’homie de pêche, quai Lucien Toulmond, Martigues, France (13), photo service ville d’Art et Histoire, Martigues, août 2019." width="200" height="300" srcset="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig1-200x300.jpg 200w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig1-683x1024.jpg 683w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig1-768x1152.jpg 768w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig1-1024x1536.jpg 1024w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig1-1365x2048.jpg 1365w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig1-624x936.jpg 624w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig1-scaled.jpg 1707w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></a><p id="caption-attachment-1165" class="wp-caption-text">Jeune fille, Baltasar Lobo, 1968, Martigues, France, photo : service ville d’Art et Histoire, Martigues, août 2019.</p></div>
<p>Intrigué, attiré par son érotisme simple, curieux de cette <em>Jeune fille</em>, à la fois mystérieuse et proche, sensuelle et évasive, j’ai voulu lui parler. Qui l’a sculptée ? Pourquoi est-elle là ? Quelle place tient-elle dans l’œuvre de son créateur ? J’ai découvert une forme de cohérence entre l’esthétique de cette statue, la façon dont elle s’adresse à mes sens et à mes pensées, et ce que je sais, désormais, de la vie de son sculpteur.</p>
<p><span id="more-1142"></span></p>
<h1><strong>Baltasar Lobo (1910-1993) : un sculpteur anarchiste</strong></h1>
<h2>« <em>Erase una vez, un lobito bueno&#8230;</em> »</h2>
<p>Baltasar Lobo naît le 22 février 1910 à Cerecinos de Campos, un village près de Zamora, une ville située à 250 km au nord-ouest de Madrid. On sait très peu de choses sur sa mère dont le nom varie selon les sources : Geneveva Casuero ou Casquero<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote1sym" name="sdfootnote1anc"><sup>1</sup></a>. Son père, Isaac, est menuisier-charretier<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote2sym" name="sdfootnote2anc"><sup>2</sup></a>. L’atelier paternel prend une grande place dans la maison et familiarise très tôt Baltasar avec le travail du bois. À l’aide de l’argile servant pour une tuilerie, il modèle des animaux familiers et des personnages<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote3sym" name="sdfootnote3anc"><sup>3</sup></a>. Dès l’âge de 10 ans, il exprime le souhait de ne pas devenir paysan ou charretier<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote4sym" name="sdfootnote4anc"><sup>4</sup></a>. Isaac, cultivé, bon lecteur, appuie le désir de son fils.</p>
<p>Baltasar suit des études en classes primaires dans la petite ville voisine de Benavente avec un professeur qui lui apprend le dessin. En 1922, il poursuit son apprentissage à Valladolid dans l’atelier d’imagerie religieuse de Ramón Nuñez Fernández (1868-1937) où il découvre la sculpture sur bois<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote5sym" name="sdfootnote5anc"><sup>5</sup></a>. Il prend ses amis pour modèles de bustes en plâtre ou en terre. De 1922 à 1927, grâce à une bourse de la province de Zamora, il suit les cours du soir de modelage à l’école des Arts et Métiers située dans le musée de Beaux-Arts qui accueille une collection de sculptures renaissance et baroque<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote6sym" name="sdfootnote6anc"><sup>6</sup></a>.</p>
<h2><b>À Madrid en pleine effervescence révolutionnaire</b></h2>
<p>Lauréat de deux prix de modelage, Baltasar Lobo demande et obtient une bourse pour l’école des Beaux-Arts de San Fernando à Madrid où il s’installe en 1927. Mais cet enseignement lui semble trop théorique et il abandonne au bout de 3 mois. Il rencontre une peintre, Delhy Tejero (1904-1968) et des sculpteurs tels que Cristino Mallo (1905-1989), Juan de Ávalos (1911-2006) et Pancho Lasso (1904-1973)<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote7sym" name="sdfootnote7anc"><sup>7</sup></a>. Il travaille avec Ángel Garzón, poète, écrivain, critique d’art, artisan spécialisé dans la fabrication de meubles ornés de bas-reliefs et anarcho-syndicaliste membre de la Confederación Nacional del Trabajo (CNT). Il se rapproche alors du mouvement anarchiste. Il apprend aussi le métier de tailleur de pierre en travaillant avec des marbriers du cimetière de Madrid<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote8sym" name="sdfootnote8anc"><sup>8</sup></a>.</p>
<p>Une amitié se noue avec le peintre Juan Manuel Díaz-Caneja (1905-1988) comme lui natif de Castille-et-León. Un artiste qui participe, dès son origine, à l’Escuela de Vallecas, un mouvement d’avant-garde, créé par le sculpteur Alberto Sánchez Pérez (1895-1962) et le peintre Benjamín Palencia (1894-1980) en 1927, mêlant surréalisme, primitivisme, ancrage dans la terre inspiré par les paysages et la vie rurale de la Castille. Juan Manuel Díaz-Caneja évolue politiquement de l’anarchisme vers le communisme durant la guerre civile après laquelle le peintre reste en Espagne. Les liens avec Lobo survivent à cette période et à l’exil<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote9sym" name="sdfootnote9anc"><sup>9</sup></a>.</p>
<p>Influencé par l’Escuela de Vallecas, le sculpteur admire aussi les œuvres de Pablo Picasso (1881-1973), Joan Miró (1893-1983) ou Salvador Dalí (1904-1989) lors de l’exposition des Espagnols résidents à Paris qui se tient au Jardin Botanique<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote10sym" name="sdfootnote10anc"><sup>10</sup></a>. Une exposition fondatrice pour ce qui sera connu, plus tard, comme l’École espagnole de Paris<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote11sym" name="sdfootnote11anc"><sup>11</sup></a>. Il découvre les grands musées et, en particulier, les collections archéologiques<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote12sym" name="sdfootnote12anc"><sup>12</sup></a>. Sa famille le rejoint dans la capitale espagnole en 1929<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote13sym" name="sdfootnote13anc"><sup>13</sup></a>. Le sculpteur participe, en 1931, à la création du Centre d’Études Castillannes pour la promotion des beaux-arts et de la culture<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote14sym" name="sdfootnote14anc"><sup>14</sup></a>.</p>
<h2><b>Rencontre avec Mercedes Guillén cofondatrice de <em>Mujeres Libres</em></b></h2>
<p>Après avoir terminé son service militaire en 1932, Baltasar Lobo rencontre Mercedes Comaposada Guillén qui va devenir sa compagne<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote15sym" name="sdfootnote15anc"><sup>15</sup></a>. Née en 1901 à Barcelone, fille d’un journaliste, traducteur et cofondateur de l’Unión General de Trabajadores (UGT), elle apprend la dactylographie à 12 ans puis travaille comme monteuse de cinéma et s’affilie au Syndicat des Spectacles Publics de la CNT vers 1915. Elle met de l’argent de côté pour commencer des études de droit à Barcelone qu’elle poursuit, âgée de 19 ans, à Madrid. Elle fréquente les milieux et les rédactions des publications anarchistes comme <i>Tierra y Libertad</i> ou <i>Tiempo Nuevo</i> et noue des liens internationaux notamment avec Emma Goldman.</p>
<p>Valeriano Orobón Fernández, l’une des figures de la CNT, l’encourage à collaborer à la formation pédagogique et culturelle des membres du syndicat. Cependant, l’hostilité des syndiqués masculins l’amène sur la voie du féminisme libertaire<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote16sym" name="sdfootnote16anc"><sup>16</sup></a>. Elle rencontre Lucia Sánchez Saornil, une militante anarcho-syndicaliste qui devient une amie du couple qui voyage à Paris en 1935. Mercedes commence à écrire dans diverses revues libertaires. Avec le médecin Amparo Poch y Gascón et Lucia Sánchez Saornil, elles fondent, en avril 1936, un groupe anarchiste spécifiquement féminin autour d’une revue, <i>Mujeres Libres, </i>qui, à partir de juillet, devient le journal de la fédération du même nom<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote17sym" name="sdfootnote17anc"><sup>17</sup></a>. Baltasar Lobo, un des rares hommes admis à travailler à la rédaction<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote18sym" name="sdfootnote18anc"><sup>18</sup></a>, dessine dans les 13 numéros de mai 1936 à l’automne 1938. <i>Mujeres Libres</i> édite trois ouvrages de vulgarisation scientifique et de propagande écrits par Mercedes.</p>
<p><div id="attachment_1216" style="width: 510px" class="wp-caption alignleft"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-1216" class="wp-image-1216" src="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig2-715x1024.jpg" alt="Mujeres Libres, n° 7, mars 1937, 8e mois de la Révolution, dessin de couverture signé Lobo, Archive historique de la ville de Barcelone (AHCB), Hemeroteca digital. https://ahcbdigital.bcn.cat/es/hemeroteca/detalle/ahcb-d017028" width="500" height="716" srcset="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig2-715x1024.jpg 715w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig2-209x300.jpg 209w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig2-768x1100.jpg 768w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig2-1072x1536.jpg 1072w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig2-1430x2048.jpg 1430w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig2-624x894.jpg 624w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig2-scaled.jpg 1787w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /><p id="caption-attachment-1216" class="wp-caption-text">Mujeres Libres, n° 7, mars 1937, 8e mois de la Révolution, dessin de couverture signé Lobo, <a href="https://ahcbdigital.bcn.cat/es/hemeroteca/detalle/ahcb-d017028" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Archive historique de la ville de Barcelone (AHCB)</a>.</p></div><br />
<div id="attachment_1217" style="width: 510px" class="wp-caption alignleft"><img decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-1217" class="wp-image-1217" src="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig3-775x1024.jpg" alt="Mujeres Libres, n° 13 (dernier numéro), automne 1938, dessin de couverture signé Lobo, bibliothèque de l’université de Barcelone, Solidaridad Obrera, Ateneo nacho, hemeroteca. https://www.solidaridadobrera.org/ateneo_nacho/hemeroteca.html" width="500" height="660" srcset="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig3-775x1024.jpg 775w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig3-227x300.jpg 227w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig3-768x1014.jpg 768w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig3-1163x1536.jpg 1163w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig3-1551x2048.jpg 1551w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig3-624x824.jpg 624w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig3-scaled.jpg 1938w" sizes="(max-width: 500px) 100vw, 500px" /><p id="caption-attachment-1217" class="wp-caption-text">Mujeres Libres, n° 13 (dernier numéro), automne 1938, dessin de couverture signé Lobo, bibliothèque de l’université de Barcelone, Solidaridad Obrera, <a href="https://www.solidaridadobrera.org/ateneo_nacho/hemeroteca.html" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Ateneo nacho, hemeroteca</a>.</p></div></p>
<h2>Engagements pendant la guerre civile</h2>
<p>Baltasar rentre aux Jeunesses Libertaires (<i>Comité Peninsular de las Juventudes Libertarias</i>) en 1936<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote19sym" name="sdfootnote19anc"><sup>19</sup></a>. L’artiste est à la CNT dans le syndicat des travailleurs du bois et il s’engage dans les milices confédérales, dès le 21 juillet 1936, trois jours après le début de la guerre civile<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote20sym" name="sdfootnote20anc"><sup>20</sup></a>. Il dessine pour les revues <i>¡Campo Libre! </i>(1935), <i>Umbral </i>(Valence, 1937), <i>Armas y letras </i>(Valence, 1937), <i>Frente Libertario</i> (Madrid), <i>Tiempos Nuevos</i> (Barcelone) etc.<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote21sym" name="sdfootnote21anc"><sup>21</sup></a> Ses illustrations défendent la cause de l’émancipation sociale, économique et culturelle des femmes, des paysans et des ouvriers. Lobo part à Barcelone en 1938 pour s’engager dans la milice de la Culture afin d’apprendre à lire et à écrire aux combattants<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote22sym" name="sdfootnote22anc"><sup>22</sup></a>. Il ne peut se rendre aux obsèques de son père. Déjà impliqué dans des actions d’opposition sous la dictature de Miguel Primo de Rivera (1923-1930)<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote23sym" name="sdfootnote23anc"><sup>23</sup></a>, Isaac Lobo s’est, durant la guerre civile, engagé dans une brigade de l’armée républicaine défendant Madrid. Il meurt, touché par une bombe, cette même année<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote24sym" name="sdfootnote24anc"><sup>24</sup></a>. Située sur le front, dans le quartier de Usera, la maison familiale qui accueille l’atelier et les œuvres de Baltasar sont en grande partie détruits par les bombes<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote25sym" name="sdfootnote25anc"><sup>25</sup></a>.</p>
<p><div id="attachment_1223" style="width: 510px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-1223" class="wp-image-1223" src="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig6.bmp" alt="Illustration de Baltasar Lobo pour la publication en feuilleton de ¡No pasarán! un roman de l’écrivain américain Upton Sinclair dans l’hebdomadaire anarchiste Umbral, semanario de la nueva era, 11 septembre 1937, n° 10." width="500" height="690" /><p id="caption-attachment-1223" class="wp-caption-text">Illustration de Baltasar Lobo pour la publication en feuilleton de ¡No pasarán! un roman de l’écrivain américain Upton Sinclair dans l’hebdomadaire anarchiste Umbral, semanario de la nueva era, 11 septembre 1937, n° 10, <a href="https://ahcbdigital.bcn.cat/es/hemeroteca/visualizador/ahcb-d024880" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Archive historique de la ville de Barcelone (AHCB)</a>.</p></div><br />
<div id="attachment_1222" style="width: 510px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-1222" class="wp-image-1222" src="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig5.bmp" alt="Illustration de Baltasar Lobo pour la publication en feuilleton de ¡No pasarán! un roman de l’écrivain américain Upton Sinclair dans l’hebdomadaire anarchiste Umbral, semanario de la nueva era, 7 août 1937, n° 5." width="500" height="658" /><p id="caption-attachment-1222" class="wp-caption-text">Illustration de Baltasar Lobo pour la publication en feuilleton de ¡No pasarán! un roman de l’écrivain américain Upton Sinclair dans l’hebdomadaire anarchiste Umbral, semanario de la nueva era, 7 août 1937, n° 5, <a href="https://ahcbdigital.bcn.cat/es/hemeroteca/visualizador/ahcb-d024876" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Archive historique de la ville de Barcelone (AHCB)</a>.</p></div></p>
<p>Ses deux sœurs, Visitación et Carmen, sont également engagées dans l’anarcho-syndicalisme et le féminisme libertaire. Pendant la guerre, Carmen fait partie de la commission de propagande de <i>Mujeres Libres</i><a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote26sym" name="sdfootnote26anc"><sup>26</sup></a><i>. </i>Après la défaite républicaine, elles restent en Espagne auprès de leur mère malade. Avec Lucía Sánchez Saornil, elles essaient de poursuivre le combat avec une petite organisation nommée <i>Mujeres Antifascistas</i>. Carmen continue clandestinement la lutte en aidant des détenus politiques internés dans les camps de travail franquistes à Cuelgamuros au nord-ouest de Madrid. Elles sont toutes les deux emprisonnées en 1945. Visitación sort en liberté provisoire, après 6 mois de détention, en raison de son jeune âge ; Carmen reste enfermée pendant 2 ans<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote27sym" name="sdfootnote27anc"><sup>27</sup></a>.</p>
<h2>L’exil et les débuts à Paris</h2>
<p>En février 1939, après la défaite du camp républicain, Baltasar Lobo passe la frontière à Port-Bou. Il est interné dans le camp de concentration d’Argelès-sur-Mer<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote28sym" name="sdfootnote28anc"><sup>28</sup></a>. Sa compagne est dans un autre camp à Chomérac en Ardèche<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote29sym" name="sdfootnote29anc"><sup>29</sup></a>. Baltasar s’évade avec l’aide de l’anarcho-syndicaliste suédois Rudolf Berner<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote30sym" name="sdfootnote30anc"><sup>30</sup></a>. Après avoir vainement cherché Mercedes, il arrive seul, à Paris, au mois de mars, démuni et ne parlant pas un mot de français. Quelques semaines plus tard, sa compagne le rejoint. Elle est affaiblie par les conditions de son internement dont elle gardera, pour toujours, des séquelles fragilisant sa santé<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote31sym" name="sdfootnote31anc"><sup>31</sup></a>. Le couple est dépourvu de papiers et de moyens.</p>
<p>Soutenus par les compatriotes et camarades, ils se mettent en relation avec des Espagnols de l’École de Paris comme Apel·les Fenosa (1899-1988) ou Antoni Clavé (1913-2005)<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote32sym" name="sdfootnote32anc"><sup>32</sup></a>. Mercedes commence à travailler en publiant quelques monographies de ces artistes ou comme traductrice. Effaçant le nom de son père, elle écrit désormais sous le nom de Mercedes Guillén. Tous deux continuent de collaborer avec la presse anarcho-syndicaliste en exil<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote33sym" name="sdfootnote33anc"><sup>33</sup></a>. Durant l’été 1939, grâce à Sénia Fléchine (1894-1981), un photographe russe libertaire qui avait vu les dessins de Lobo dans les revues espagnoles, ils trouvent un logement dans un immeuble 23, rue des Volontaires (Paris, 15<sup>e</sup>) au rez-de-chaussée duquel Lobo peut travailler dans un petit atelier précédemment occupé par le sculpteur Naum Gabo (1890-1977).</p>
<h2><b>Picasso et Henri Laurens</b></h2>
<p>Ils rendent visite à Picasso et lui montrent des dessins de Baltasar que Mercedes avait réussi à emporter et à conserver dans l’exil<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote34sym" name="sdfootnote34anc"><sup>34</sup></a>. Le célèbre peintre les aide matériellement, administrativement et artistiquement comme il le fera pour de très nombreux exilés espagnols. Il intercède notamment auprès du ministre de l’Intérieur Albert Sarraut afin de régulariser leur situation. Le couple lui en sera toujours reconnaissant et, sous l’Occupation, ils se voient presque quotidiennement<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote35sym" name="sdfootnote35anc"><sup>35</sup></a>.</p>
<p>Impressionné par une exposition Paul Cézanne (1839-1906), Lobo fait, pendant le mois d’octobre, la connaissance du sculpteur cubiste Henri Laurens (1885-1954). Le début d’une amitié qui permet à Lobo de rencontrer Alberto Giacometti (1901-1966), Georges Braque (1882-1963) ou Jean Bazaine (1904-2001)<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote36sym" name="sdfootnote36anc"><sup>36</sup></a>. L’exilé anarchiste devient rapidement l’assistant de Laurens qui le soutient et le protège pendant l’Occupation. Ils travaillent fréquemment ensemble dans l’atelier du sculpteur cubiste qui a une grande influence artistique sur le jeune artiste espagnol<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote37sym" name="sdfootnote37anc"><sup>37</sup></a>. Ils partagent les mêmes sensibilités artistiques : le corps féminin, les mythes classiques et littéraires, la simplicité, la fluidité, la quiétude des formes et les finitions soignées<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote38sym" name="sdfootnote38anc"><sup>38</sup></a>. En 1943, Baltasar Lobo est contraint par la Préfecture de Paris d’aller travailler pendant trois mois dans des exploitations agricoles à Orléans. Ce travail obligatoire lui vaut de recevoir, à son retour, un certificat de bonne conduite : les autorités le laissent reprendre son métier<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote39sym" name="sdfootnote39anc"><sup>39</sup></a>.</p>
<h2><b>La Libération, l’entrée dans l’avant-garde</b></h2>
<p>Le moment de la Libération inaugure une période intense d’activités politiques et artistiques. Le 30 novembre 1944, Baltasar Lobo adhère à l’Union des Intellectuels espagnols (UIE). Créée deux mois auparavant, elle réunit, Picasso en tête, artistes, scientifiques, journalistes ou écrivains exilés autour d’un projet républicain de reconstruction culturelle de l’Espagne dans le sillage des mouvements français de la Résistance et de la Libération proches des communistes (Front National des Arts)<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote40sym" name="sdfootnote40anc"><sup>40</sup></a>. Elle publie un bulletin en 29 numéros de décembre 1944 à l’automne 1948<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote41sym" name="sdfootnote41anc"><sup>41</sup></a>.</p>
<p>En janvier 1945, au cours d’une exposition collective, intitulée <i>Maîtres de l’Art contemporain</i> à la galerie Vendôme, cinq œuvres de Lobo côtoient celles d’Henri Matisse (1869-1954), Picasso, Fernand Léger (1881-1955), Pierre Bonnard (1867-1947), Henri Laurens ou Amedeo Modigliani (1884-1920). Il participe au projet du Salon de Mai du 29 mai au 29 juin 1945<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote42sym" name="sdfootnote42anc"><sup>42</sup></a>. Il collabore, cette même année, à une fresque collective surréaliste décorant les murs de la salle de garde de l’hôpital Saint-Anne<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote43sym" name="sdfootnote43anc"><sup>43</sup></a>. Sous l’égide de l’UIE, une exposition caritative se tient, en juin 1945, à la galerie Roux-Henschel en présence d’œuvres de Picasso et de Lobo<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote44sym" name="sdfootnote44anc"><sup>44</sup></a>.</p>
<p>Début 1946, il participe à une exposition à Prague avec Picasso, <i>L’art de l’Espagne républicaine : les artistes espagnols de l’École de Paris</i>, qui réunit 244 œuvres sous le parrainage de l’État Tchécoslovaque. En février, 37 artistes français et 25 espagnols, dont Lobo, présentent leurs œuvres pour l’<i>Exposition d’Arts Pl</i><i>a</i><i>stiques</i> organisée par le Comité de Coordination Artistique Franco-Espagnol présidé par Picasso, à la galerie Visconti. En avril, il expose à la galerie Drouin avec les « grands maîtres » de l’avant-garde de la sculpture : Pablo Gargallo (1881-1934), Giacometti, Jean Arp (1886-1966), Julio González (1876-1942), Laurens, Jacques Lipchitz (1891-1973)&#8230;<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote45sym" name="sdfootnote45anc"><sup>45</sup></a> En juin, Baltasar Lobo et d’autres artistes sont à la galerie Drouant-David pour <i>Artistes Ibériques de l’École de Paris</i><a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote46sym" name="sdfootnote46anc"><sup>46</sup></a>. Son entrée dans le cercle des sculpteurs d’avant-garde est véritablement consacrée en 1949 au cours de la première édition du Salon de la Jeune Sculpture à Paris<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote47sym" name="sdfootnote47anc"><sup>47</sup></a>.</p>
<h2><b>La Ciotat et les maternités</b></h2>
<div id="attachment_1227" style="width: 273px" class="wp-caption alignleft"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-1227" class="wp-image-1227" src="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig8-225x300.jpg" alt="Baltasar Lobo, Madre y Niño, bronze, 1980 sur la plaza de los Momos à Zamora devant le tribunal provincial, février 2012, Antramir, CC by-sa 3.0. https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Baltasar_Lobo,_Madre_e_Hijo,Bronce(1980)_20120224.jpg" width="263" height="350" srcset="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig8-225x300.jpg 225w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig8-768x1024.jpg 768w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig8-1152x1536.jpg 1152w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig8-1536x2048.jpg 1536w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig8-624x832.jpg 624w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig8-scaled.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 263px) 100vw, 263px" /><p id="caption-attachment-1227" class="wp-caption-text">Baltasar Lobo, Madre y Niño, bronze, 1980 sur la plaza de los Momos à Zamora devant le tribunal provincial, février 2012, <a href="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Baltasar_Lobo,_Madre_e_Hijo,_Bronce_(1980)_20120224.jpg" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Antramir, CC by-sa 3.0</a>.</p></div>
<p>Pour se reposer et se soigner<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote48sym" name="sdfootnote48anc"><sup>48</sup></a>, Mercedes Guillén et Baltasar Lobo séjournent à La Ciotat durant les étés 1946 et 1947<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote49sym" name="sdfootnote49anc"><sup>49</sup></a>. Le sculpteur retrouve là de nombreux espagnols exilés qui travaillent sur les chantiers navals. Il réalise un nombre important <i>« </i>de croquis de mères jouant avec leurs enfants sur la plage, thème qui deviendra récurrent<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote50sym" name="sdfootnote50anc"><sup>50</sup></a>». Cette expérience, qu’il qualifie « de retrouvailles avec la vie », est déterminante : « c’était une joie de voir ça, un monde heureux, de maternité, de cette émotion et de ces scènes naquirent mes sculptures qui respiraient le plaisir à l’air libre<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote51sym" name="sdfootnote51anc"><sup>51</sup></a><i>.</i> » Au total, un dixième de ses sculptures utilise le thème de la maternité, en particulier celles créées entre 1946 et 1957. Il retournera présenter ses œuvres à La Ciotat, en 1970, lors d’une exposition organisée par la galerie Villand &amp; Galanis intitulée <i>La femme et l’enfant</i><a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote52sym" name="sdfootnote52anc"><sup>52</sup></a> recensée par <i>Le Monde </i>qui écrit : « les sculptures imposent, avec une violence peu commune, un jeu complexe de rapports entre la femme et l&rsquo;enfant qui dépasse les liens souriants de la classique ʻʻmaternitéʼʼ<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote53sym" name="sdfootnote53anc"><sup>53</sup></a>. » L’importance de ce thème « nous pousse à supposer qu’il s’agit d’une préoccupation déterminante, non seulement de son art, mais aussi de sa vie la plus intime<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote54sym" name="sdfootnote54anc"><sup>54</sup></a> » estime María Bolaños, professeur d’histoire de l’Art à l’université de Valladolid et spécialiste du sculpteur.</p>
<h2>Persistance de l’antifascisme et bref rapprochement avec le PCF</h2>
<p>Au cours de l’année 1948, il réalise, sur l’initiative de la municipalité d’Annecy (74), un monument dédié <i>aux Espagnols morts pour la liberté dans les rangs de l&rsquo;armée française de la Résistance (1940-1945) </i>. Inaugurée en août 1952 pour le 8<sup>e</sup> anniversaire de la libération de la ville, l’œuvre témoigne de l’engagement des antifascistes espagnols dans la Résistance notamment sur le plateau des Glières. Baltasar Lobo est choisi par un républicain espagnol en raison de son travail et de son militantisme<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote55sym" name="sdfootnote55anc"><sup>55</sup></a>.</p>
<div id="attachment_1231" style="width: 235px" class="wp-caption alignleft"><a href="http://resistance-espagnole74.com/wp-content/uploads/2018/04/IMG-20180416-WA0083.jpg" target="_blank" rel="noopener noreferrer"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-1231" class="size-medium wp-image-1231" src="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig9-225x300.jpg" alt="Baltasar Lobo, Aux Espagnols morts pour la liberté dans les rangs de l'armée française de la Résistance (1940-1945), avenue des Romains, Annecy (74), 2018.
http://resistance-espagnole74.com/wp-content/uploads/2018/04/IMG-20180416-WA0083.jpg" width="225" height="300" srcset="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig9-225x300.jpg 225w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig9-768x1024.jpg 768w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig9-1152x1536.jpg 1152w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig9-624x832.jpg 624w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig9.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 225px) 100vw, 225px" /></a><p id="caption-attachment-1231" class="wp-caption-text"><a href="http://resistance-espagnole74.com/wp-content/uploads/2018/04/IMG-20180416-WA0083.jpg" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Baltasar Lobo, Aux Espagnols morts pour la liberté dans les rangs de l&rsquo;armée française de la Résistance (1940-1945), avenue des Romains, Annecy (74), 2018</a>.</p></div>
<p>Dans la France de l’après-guerre, le Parti Communiste Français (PCF) apparaît comme une organisation politique majeure à laquelle Picasso, resté à Paris durant toute la Seconde Guerre mondiale, adhère en octobre 1944. Dans le giron du peintre originaire de Malaga, Lobo se rapproche lui aussi du PCF. Il est invité à Moscou dans la seconde moitié des années 1950 où il rend visite au sculpteur exilé Alberto Sánchez Pérez à qui il donnera un hommage à son décès en 1962. Lobo reste silencieux sur ce voyage en URSS mais ses proches rapportent une désillusion<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote56sym" name="sdfootnote56anc"><sup>56</sup></a>. Ce lien avec le PCF perdure quelques années puis il prend discrètement ses distances. Par la suite, il ne cesse pas de défendre ses convictions anarchistes et reste proche du milieu libertaire parisien<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote57sym" name="sdfootnote57anc"><sup>57</sup></a>.</p>
<h2>Face à la normalisation franquiste</h2>
<p>Confrontés à la stratégie, initiée en 1951, de normalisation au prétexte culturel du régime franquiste, les protestations des exilés espagnols, auxquelles les artistes de l’École de Paris participent activement après la Libération, baissent progressivement en intensité dans la décennie suivante<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote58sym" name="sdfootnote58anc"><sup>58</sup></a>. Le 12 octobre, pour célébrer le cinquième centenaire de la naissance des Rois Catholiques et de Christophe Colomb, Madrid accueille la Première Biennale hispano-américaine d&rsquo;art. Mercedes Guillén assure une médiation entre l’École de Paris et les émissaires de l’État espagnol afin que les artistes puissent se réunir et prendre position face à ce qui se présente comme une tentative de récupération<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote59sym" name="sdfootnote59anc"><sup>59</sup></a>.</p>
<p>L’annonce de l’événement entraîne la publication d’un manifeste dans le quotidien de Caracas <i>El Nacional</i>, le 6 septembre 1951, signé, en premier lieu, par Picasso et, au nom du Comité d’organisation, par Lobo, les écrivains et poètes Arturo Serrano Plaja (1909-1979) et Antonio Aparicio (1916-2000). Le texte appelle les artistes espagnols et latino-américains au boycott de la biennale franquiste et à organiser des contre-biennales à Paris et dans les capitales d’Amérique latine. L’Ateneo de Caracas inaugure sa contre-biennale le 12 octobre tandis que les réponses se font plus lentes et plus nuancées ailleurs (février 1952 au Mexique). À Paris, l’exposition contestataire prend place à la galerie Henri Tronche, le 30 novembre 1951. Picasso participe avec 3 œuvres tandis que la quarantaine d’autres artistes, dont Lobo, propose une seule œuvre.</p>
<p>L’expérience, un peu décevante, marque le début d’un déclin de l’opposition au franquisme de la part des artistes exilés dont la cohésion et l’unité se désagrègent de plus en plus, certains cherchant à s’éloigner de l’agitation de Picasso. La deuxième biennale franquiste se tient à La Havane en 1954 : Picasso, Lobo et d’autres exilés réaffirment leur opposition mais certains artistes participent à l’événement. Lors de la troisième et dernière biennale qui se tient à Barcelone, en 1955, 57 œuvres de Picasso sont présentées dans une exposition rétrospective et une salle est consacrée à l’École de Paris dans laquelle Lobo est absent. La même année, il participe à une exposition consacrée au poète Antonio Machado (1875-1939) organisée par les exilés à la Maison de la Pensée française, bastion culturel communiste parisien. Il dessine également dans un ouvrage collectif <i>Asturias </i>publié par Cercle d&rsquo;Art en 1964 pour soutenir les grévistes des mines des Asturies (1962-1963)<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote60sym" name="sdfootnote60anc"><sup>60</sup></a>.</p>
<h2>Mercedes Guillén, tisseuse de liens</h2>
<p>Mercedes Guillén occupe une place importante au sein du cercle des artistes parisiens, et plus particulièrement, de celui des exilés. Son activité éditoriale l’amène à avoir des échanges avec l’Espagne via les maisons d’édition. Selon les rapports de police, elle se rend au moins neuf fois en Espagne entre 1951 et 1958 et, d’après sa correspondance, probablement plus, dès 1949<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote61sym" name="sdfootnote61anc"><sup>61</sup></a>. Elle travaille comme traductrice, critique d’art et assure une sorte de secrétariat auprès de Picasso puis de Lobo : « combien il est difficile d&rsquo;être une femme d&rsquo;artiste : parfois on se sent comme un agneau, parfois comme un lion » écrit-elle à Jacqueline Roque (1926-1986), dernière épouse de Picasso<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote62sym" name="sdfootnote62anc"><sup>62</sup></a>. En 1960, elle publie, chez un éditeur espagnol, <i>Conversaciones con los artistas españoles de la escuela de París</i><a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote63sym" name="sdfootnote63anc"><sup>63</sup></a> qui comprend des entretiens avec Miró, Picasso, Lobo etc. En 1973, elle fait paraître <i>Picasso, </i>une biographie, chez un éditeur madrilène<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote64sym" name="sdfootnote64anc"><sup>64</sup></a>.<i> </i>Alors que Lobo est présenté comme un grand solitaire, elle apparaît au premier plan de l’histoire des réseaux culturels dans le paysage intellectuel espagnol du XX<sup>e</sup> siècle. Infatigable tisseuse de liens, d’amitiés, construisant des ponts dans l’exil et avec l’intérieur de l’Espagne franquiste, elle poursuit, solidaire, son action d’émancipation des femmes<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote65sym" name="sdfootnote65anc"><sup>65</sup></a>.</p>
<h2>Reconnaissance internationale et retours sur la terre natale</h2>
<p>Une première exposition personnelle des œuvres de Lobo est organisée à Stockholm à la galerie Blanche en 1951. En 1952, la commande d’une grande sculpture (une <i>Maternité</i> stylisée) par l’université Centrale du Venezuela à Caracas marque le début d’une longue relation avec le milieu artistique vénézuélien<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote66sym" name="sdfootnote66anc"><sup>66</sup></a>. En 1956, le nouveau directeur du Musée espagnol d&rsquo;Art Moderne de Madrid entreprend d’acquérir des œuvres d’exilés. Grâce aux efforts de Mercedes Guillén, des contacts sont établis à Paris mais le directeur est limogé en 1958. Dès lors, à l’instar d’autres artistes exilés, Lobo suit un processus progressif de rapprochement avec l’Espagne. En 1960, le Musée d’Art Moderne de Madrid organise la première exposition de ses œuvres en Espagne<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote67sym" name="sdfootnote67anc"><sup>67</sup></a>. Dans la capitale, le sculpteur retrouve alors son ami Juan Manuel Díaz-Caneja<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote68sym" name="sdfootnote68anc"><sup>68</sup></a>. Il faut attendre janvier 1970 pour que Lobo soit, à nouveau, exposé en Espagne à la galerie Théo de Madrid en compagnie d’autres artistes exilés puis, deux mois plus tard, avec une exposition entièrement consacrée à ses œuvres. Il collabore ensuite chaque année jusqu’en 1978 avec cette galerie. Dans les années 1980, il expose à Alicante et commence à renouer avec Zamora<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote69sym" name="sdfootnote69anc"><sup>69</sup></a>. La Caisse d&rsquo;épargne provinciale lui commande un monument à la mémoire du poète León Felipe (1884-1968) installé dans l’espace public en 1983<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote70sym" name="sdfootnote70anc"><sup>70</sup></a>.</p>
<h2>Un grand sculpteur du XX<sup>e</sup> siècle</h2>
<div id="attachment_1232" style="width: 235px" class="wp-caption alignleft"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-1232" class="size-medium wp-image-1232" src="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig10-225x300.jpg" alt="Baltasar Lobo, Al aire libre, 1980, Zamora, bronze, 3,40 x 0,84 x 0,73 m.
" width="225" height="300" srcset="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig10-225x300.jpg 225w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig10-768x1024.jpg 768w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig10-1152x1536.jpg 1152w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig10-1536x2048.jpg 1536w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig10-624x832.jpg 624w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig10-scaled.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 225px) 100vw, 225px" /><p id="caption-attachment-1232" class="wp-caption-text">Baltasar Lobo, Al aire libre, 1980, Zamora, bronze, 3,40 x 0,84 x 0,73 m.</p></div>
<p>Les expositions se multiplient, notamment celles organisées par la galerie Villand &amp; Galanis (Paris, 8<sup>e</sup>) entre 1960 et 1970<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote71sym" name="sdfootnote71anc"><sup>71</sup></a>, ses œuvres sont acquises par les musées, les municipalités ou les collectionneurs. Il voyage en Grèce et en Crète en 1977 en recherche critique sur la thématique des arts de l’Antiquité. Il reçoit de nombreux prix et les expositions continuent à travers le monde : en Allemagne, au Venezuela, au Japon<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote72sym" name="sdfootnote72anc"><sup>72</sup></a>. En 1981, il reçoit le prix officiel des Arts et des Lettres. Malgré les propositions des autorités françaises, il garde la nationalité espagnole<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote73sym" name="sdfootnote73anc"><sup>73</sup></a>. En 1985, la galerie Nathan (Zurich) organise une importante exposition avec un catalogue :<i> Lobo, catalogue raisonné de l’œuvre sculptée</i><a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote74sym" name="sdfootnote74anc"><sup>74</sup></a>. D’après María Bolaños, à la fin de la carrière du sculpteur, « détenir une œuvre de Lobo, pour de nombreuses galeries, pour de nombreux collectionneurs, pour des propriétaires particuliers, c’était posséder l’œuvre d’un grand sculpteur du XX<sup>e</sup> siècle<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote75sym" name="sdfootnote75anc"><sup>75</sup></a> ». Il meurt à Paris, le 4 septembre 1993. Mercedes Guillén décède cinq mois plus tard. Le couple n’a pas eu d’enfants et si certains témoignages évoquent un mariage en octobre 1936, l’acte n’a pu être présenté ou retrouvé dans les registres espagnols<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote76sym" name="sdfootnote76anc"><sup>76</sup></a>. Depuis 2009, le château de Zamora, qui date du XII<sup>e</sup> siècle, abrite un <a href="https://museobaltasarlobo.es/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">musée</a> où sont exposées une partie de ses œuvres<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote77sym" name="sdfootnote77anc"><sup>77</sup></a>.</p>
<h1>La <i>Jeune fille</i> de Martigues dans l’œuvre de Lobo</h1>
<p><b>Que fait cette </b><i><b>Jeune fille</b></i><b> ici ?</b></p>
<p><i>Jeune fille </i>est sculptée par Baltasar Lobo en 1968. L’œuvre est en bronze. Ses dimensions sont de 1,05 m x 0,55 m x 0,50 m<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote78sym" name="sdfootnote78anc"><sup>78</sup></a>. Elle est posée sur un socle en pierre. L’ensemble donne une forme très ronde qui peut évoquer l’imaginaire de la sirène mais elle représente bien une femme nue et agenouillée, dont le haut du corps, du bassin à la tête, est légèrement tourné vers sa droite tandis que ses genoux sont orientés vers sa gauche. Ses bras et sa poitrine, arrondis et volumineux, suivent cette orientation : sa main gauche est posée en haut de sa cuisse tandis que son bras droit, longeant son dos, vient, sur ce même côté, placer sa main sur son pied. Ses cheveux sont longs et attachés. Son visage ne montre que ses oreilles et son nez.</p>
<div id="attachment_1235" style="width: 460px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-1235" class="wp-image-1235" src="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig12-768x1024.jpg" alt="" width="450" height="600" srcset="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig12-768x1024.jpg 768w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig12-225x300.jpg 225w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig12-1152x1536.jpg 1152w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig12-1536x2048.jpg 1536w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig12-624x832.jpg 624w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig12-scaled.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 450px) 100vw, 450px" /><p id="caption-attachment-1235" class="wp-caption-text">Jeune fille, Martigues, avril 2024.</p></div>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-1234" src="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig11-768x1024.jpg" alt="Jeune fille, Martigues, avril 2024." width="450" height="600" srcset="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig11-768x1024.jpg 768w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig11-225x300.jpg 225w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig11-1152x1536.jpg 1152w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig11-1536x2048.jpg 1536w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig11-624x832.jpg 624w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig11-scaled.jpg 1920w" sizes="auto, (max-width: 450px) 100vw, 450px" /></p>
<p>Le 26 janvier 1978, Jacques Quinet (1918-1992), « décorateur-conseil<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote79sym" name="sdfootnote79anc"><sup>79</sup></a> » de la ville depuis 1962, propose l’achat d’une sculpture de Lobo au maire de Martigues, Paul Lombard (PCF), dans le cadre de l’aménagement piétonnier de la place Jean-Jaurès « où sera prévue une fontaine ». Dans son courrier, l’architecte d’intérieur évoque ses liens amicaux avec l’artiste et la galerie pour justifier d’un prix d’achat réduit (40 000 francs<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote80sym" name="sdfootnote80anc"><sup>80</sup></a> contre 75 000 francs en galerie). Jacques Quinet est également proche de Jean Bazaine, qui participe en 1983 à la décoration de l’hôtel de Ville de Martigues et que Lobo connaît via Henri Laurens. Par ailleurs, il se peut que le sculpteur espagnol soit identifié comme un artiste proche du PCF aidant peut-être à cette transaction avec la ville. Quinet demande à Paul Lombard une réponse rapide car, selon lui, l’ensemble de l’œuvre de Lobo doit partir à l’étranger. Difficile de savoir à quoi il fait référence sur ce point. L’acquisition se fait auprès de la galerie Villand &amp; Galanis<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote81sym" name="sdfootnote81anc"><sup>81</sup></a>. Une <i>Tête de taureau</i>, sculptée par le même artiste, aurait également été achetée et livrée à Martigues, en même temps que la<i> Jeune fille</i>, le 22 mars 1978, selon un courrier de la galerie, en date du 21 mars, affirmant avoir remis la veille les deux œuvres au transporteur. Mais cette deuxième commande est, à ma connaissance, invisible dans les collections municipales ou dans l’espace public martégal<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote82sym" name="sdfootnote82anc"><sup>82</sup></a>.</p>
<div id="attachment_1237" style="width: 510px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-1237" class="wp-image-1237" src="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig14-6Fi83-Fontaine-Quinet-001-751x1024.jpg" alt="Emplacement initial de la statue, place Jean-Jaurès, Martigues, photo ACM 6Fi83 - Fontaine Quinet." width="500" height="682" srcset="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig14-6Fi83-Fontaine-Quinet-001-751x1024.jpg 751w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig14-6Fi83-Fontaine-Quinet-001-220x300.jpg 220w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig14-6Fi83-Fontaine-Quinet-001-768x1047.jpg 768w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig14-6Fi83-Fontaine-Quinet-001-1127x1536.jpg 1127w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig14-6Fi83-Fontaine-Quinet-001-1502x2048.jpg 1502w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig14-6Fi83-Fontaine-Quinet-001-624x851.jpg 624w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig14-6Fi83-Fontaine-Quinet-001-scaled.jpg 1878w" sizes="auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px" /><p id="caption-attachment-1237" class="wp-caption-text">Emplacement initial de la statue, place Jean-Jaurès, Martigues, photo ACM 6Fi83 &#8211; Fontaine Quinet.</p></div>
<p>Initialement, la<i> Jeune fille</i><i> </i>orne une fontaine installée place Jean-Jaurès dans le quartier de Ferrières. On raconte qu’à l’inauguration du monument, des farceurs avaient introduit du liquide fluo pour bain moussant dans le bassin. La fontaine est démontée avec la <i>Jeune Fille</i> au milieu des années 1980. La sculpture traverse le canal pour aller s’installer sur ce quai de L’Île à la fin de la décennie. Je n’ai pas trouvé d’archives expliquant ce choix d’emplacement qui semble pourtant important. La perception de l’œuvre diffère selon qu’elle soit installée sur une fontaine au milieu d’une place ou dans la rue. À hauteur de regard, en possible contact direct avec les piétons, cette dernière installation crée la condition d’une rencontre avec la sculpture ou, à défaut, d’une entrave à la circulation et au stationnement !</p>
<div id="attachment_1238" style="width: 610px" class="wp-caption alignleft"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-1238" class="wp-image-1238" src="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig15-6Fi83-Fontaine-Quinet-002-1024x762.jpg" alt="" width="600" height="446" srcset="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig15-6Fi83-Fontaine-Quinet-002-1024x762.jpg 1024w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig15-6Fi83-Fontaine-Quinet-002-300x223.jpg 300w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig15-6Fi83-Fontaine-Quinet-002-768x571.jpg 768w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig15-6Fi83-Fontaine-Quinet-002-1536x1143.jpg 1536w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig15-6Fi83-Fontaine-Quinet-002-2048x1524.jpg 2048w, https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig15-6Fi83-Fontaine-Quinet-002-624x464.jpg 624w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /><p id="caption-attachment-1238" class="wp-caption-text">Emplacement initial de la statue, place Jean-Jaurès, Martigues, photo ACM 6Fi83 – Fontaine Quinet.</p></div>
<p>La sculpture de Baltasar Lobo à Martigues fait figure d’exception en ce qui concerne son emplacement. En effet, sous réserve d’un inventaire complet, peu de ses œuvres semblent présentes dans l’espace public en France. De plus, excepté le monument érigé à Annecy, elles paraissent concentrées en région parisienne. Deux<i> Mère et Enfant</i> sont présentes, l’une dans le Jardin des Arts qui accueille le théâtre de Saint-Germain-en-Laye (78) et l’autre, à l’angle de la rue Berryer et de la rue du Faubourg Saint-Honoré, à Paris dans le 8<sup>e </sup>arrondissement<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote83sym" name="sdfootnote83anc"><sup>83</sup></a>. <i>La Femme Allongée </i>(1964)<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote84sym" name="sdfootnote84anc"><sup>84</sup></a><i> </i>est exposée dans le parc floral de Paris, esplanade du Château-de-Vincennes dans le 12<sup>e</sup> arrondissement. <i>L&rsquo;enfant qui marche </i>(1962)<i> </i>se situe dans la cour d’une école maternelle à Vitry-sur-Seine (94)<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote85sym" name="sdfootnote85anc"><sup>85</sup></a>.</p>
<h2><b>Un thème travaillé entre 1966 et 1983</b></h2>
<p>La <i>Jeune fille</i> de Martigues correspond à une sculpture inventoriée dans le catalogue raisonné de l’auteur avec un titre légèrement différent de celui indiqué sur la facture de la galerie : <i>Jeune fille à genoux</i>. L’œuvre photographiée semble très proche et les dimensions identiques. La date indiquée est 1967-1968. L’ouvrage précise que la statue a été réalisée par la fonderie Valsuani à Paris en 8 exemplaires. Celle de Martigues serait donc le 3<sup>e</sup> si l’on en croit la facture et la marque sur la statue (3/8). 4 autres épreuves sont réservées à l’artiste. Le catalogue précise que le musée d’Histoire et d’Art de Luxembourg possède un exemplaire mais celui de la ville de Martigues n’est pas mentionné<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote86sym" name="sdfootnote86anc"><sup>86</sup></a>.</p>
<p>La statue devant la Prud’homie de Martigues correspond à une série travaillée de 1966 à 1983 par le sculpteur selon un mode courant pour lui : « toujours sensuel et intéressant, le corps féminin devient, entre ses mains, une source intarissable d’exploration plastique qui se répartit sur un nombre restreint de thèmes, de manière à ce que, en chaque variation, l’archétype soit mis à l’épreuve avec la certitude que ni le genre ni le sujet ne s’épuise dans l’expérimentation<sup><a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote87sym" name="sdfootnote87anc"><sup>87</sup></a></sup> » explique María Bolaños. La première sculpture comparable à la<i> Jeune fille</i> est un bronze, daté de 1966, intitulé <i>Annick</i> dont les dimensions sont réduites<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote88sym" name="sdfootnote88anc"><sup>88</sup></a>. Elle représente une femme agenouillée avec les mains croisées devant elle. Entre 1967 et 1968, Lobo réalise une <i>Jeune fille</i> dont la posture est semblable à celle de Martigues mais les formes sont légèrement différentes et les dimensions inférieures<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote89sym" name="sdfootnote89anc"><sup>89</sup></a>. On trouve, vers la même date, puis en 1977, une<i> </i><i>P</i><i>ensive à genoux</i> de petites dimensions également. Un marbre, daté de 1979, nommé <i>Jeune fille à genoux</i>, représente une forme totalement différente : le personnage est de face, sa chevelure frisée est détachée. Trois <i>Jeune fille à genoux</i> sont encore sculptées entre 1968 et 1983<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote90sym" name="sdfootnote90anc"><sup>90</sup></a>.</p>
<h2>Le nu féminin dans l’œuvre de Lobo</h2>
<p>Le nu féminin, un thème très classique dans l’histoire de l’art occidental, occupe une grande partie de l’œuvre de Lobo. Maria Bolaños souligne l’influence de l’approche moderne, anti-classique et anti-naturaliste de Cézanne notamment <i>Les Grandes Baigneuses </i>(1906)<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote91sym" name="sdfootnote91anc"><sup>91</sup></a>. Elle établit un lien avec les œuvres de ses prédécesseurs comme Modigliani, Matisse, Arp, Giacometti, Henry Moore (1898-1986) ou Constantin Brâncuși (1876-1957)<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote92sym" name="sdfootnote92anc"><sup>92</sup></a>. Selon l’historienne d’art, « Lobo fait du corps de la femme un réceptacle de complexes et sombres résonances, un prétexte pour mettre en jeu les besoins humains et les expériences réelles, qui accueille un idéal d’harmonie, d’énergie vitale, de violence, de drame, d’érotisme, d’introspection ou de mélancolie<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote93sym" name="sdfootnote93anc"><sup>93</sup></a> ». Elle évoque une approche libre du corps dans laquelle l’être humain retrouve une vitalité animale perdue :</p>
<p><em>Ses nus ne conservent rien de ce que les spécialistes appelaient </em>la cuirasse esthétique<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote94sym" name="sdfootnote94anc"><sup>94</sup></a><em>, une espèce d’armure interne qui configurait le torse classique et lui donnait une structure rigide et bien conforme. Au contraire, libérés de ce corset, ses corps paraissent prendre possession d’eux-mêmes, si propriétaires de soi qu’ils peuvent s’ignorer, à tel point qu’ils peuvent se soustraire de la tyrannie des conventions de la représentation, de la perfection académique n’acceptant d’autres lois que celles de son énergie, de la gravité ou, à la limite, de la violence ou de la mort</em><a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote95sym" name="sdfootnote95anc"><sup>95</sup></a><em>.</em></p>
<h2>Les statues, devenues aveugles, se sont tues</h2>
<div id="attachment_1239" style="width: 610px" class="wp-caption alignleft"><a href="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig16.bmp"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-1239" class="wp-image-1239" src="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Fig16.bmp" alt="Jeune fille, détail du visage, photo service ville d’Art et Histoire, Martigues, août 2019." width="600" height="401" /></a><p id="caption-attachment-1239" class="wp-caption-text">Jeune fille, détail du visage, Martigues, photo service ville d’Art et Histoire, Martigues, août 2019.</p></div>
<p>La statue martégale donne un ensemble très galbé. La seule forme anguleuse est le nez de la jeune femme. Ce type de traits rappelle les illustrations de l’artiste antérieures à son exil. Il dessine alors dans les revues militantes en défense de la liberté des femmes pour leur émancipation et leurs droits à décider d’être mère<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote96sym" name="sdfootnote96anc"><sup>96</sup></a>. Si le sujet est alors proche – les femmes, la maternité – la forme est plus dramatique dans un style, se voulant réaliste, de propagande sociale courant dans les années 1930. Par ailleurs, si le visage de la <i>Jeune fille</i> porte la forme de ses oreilles, il ne montre ni ses yeux ni sa bouche. En somme, la jeune fille peut écouter mais ne peut ni parler ni voir. Ce mode de représentation est choisi par Lobo, pour la première fois, en 1940, avec <i>Femme assise sur un socle</i>. À partir de 1945, il devient systématique<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote97sym" name="sdfootnote97anc"><sup>97</sup></a>. Les femmes sculptées se sont abstraites de regards et de paroles. L’artiste, qui débute comme illustrateur de la presse féministe libertaire où il s’agit alors de donner aux femmes à lire, à regarder, à parler au sujet de leur oppression – à utiliser, précisément, leurs yeux, leurs bouches – entre dans le cercle de l’avant-garde artistique au moment de ce choix esthétique. Les statues, devenues aveugles, se sont tues.</p>
<p>Les femmes représentées par Lobo « appartiennent toutes à la même humanité, qui préfère être taciturne plutôt que bavarde, qui aime mieux le repos méditatif que l’agitation » écrit Joseph-Émile Muller. Le désintérêt que porte Lobo à la physionomie et au visage indique clairement « qu’il ne s’agit pas de nous montrer des individualités, ni de nous intéresser par le côté psychologique<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote98sym" name="sdfootnote98anc"><sup>98</sup></a>.» Hormis le monument d’Annecy, ses sculptures évoquant la thématique de la guerre sont rares. Deux œuvres, figurant des femmes, lui sont inspirées par le sort des républicains espagnols dans les camps de concentration français (1942) puis par la joie de la victoire de Stalingrad (1943)<sup><a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote99sym" name="sdfootnote99anc"><sup>99</sup></a></sup>. À l’image du mouvement libertaire dans l’Espagne franquiste, les visages sculptés par Lobo perdent leur capacité d’expression et de vision. Ils sont juste un espace potentiel de projections pour celle ou celui qui regarde : « le charme (au sens fort du terme) que dégagent les sculptures de Lobo ne les empêche pas d’offrir aussi une discrète gravité. C’est qu’en dépit de ce qu’elles ont de limpide et de serein, elles abritent un mystère<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote100sym" name="sdfootnote100anc"><sup>100</sup></a>. »</p>
<h2>« figuratif ; c’est-à-dire, abstrait »</h2>
<p>La <i>Jeune fille</i> martégale se rapproche du style figuratif mais des œuvres de Lobo produites des années auparavant, notamment au cours des années 1950, sont beaucoup plus abstraites. Si les premières œuvres sont clairement figuratives, son art évolue ensuite, de façon presque cyclique, comme un aller-retour entre figuration et abstraction. Son appartenance à l’École de Paris et ses influences sont celles d’un art d’avant-garde mais ses origines sociales, son apprentissage artisanal et non-académique de la sculpture le ramènent vers le figuratif. « Je ne suis pas un artiste. J’ai un métier<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote101sym" name="sdfootnote101anc"><sup>101</sup></a> » affirme Lobo à plusieurs reprises. Son art apparaît comme « une leçon magistrale sur la façon de conjuguer figuration et abstraction<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote102sym" name="sdfootnote102anc"><sup>102</sup></a> ».</p>
<p>Les techniques et les matériaux utilisés par Lobo l’éloignent « du front expérimental caractéristique de l’avant-garde de son temps » mais cela n’implique absolument pas une exclusion de l’artiste de la modernité car « Lobo se situe dans un monde à part, détaché du présent qui l’entoure, absorbé dans ses œuvres, loin du bruit mondain (&#8230;) mais également éloigné des présupposés esthétiques attendus par le public modeste<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote103sym" name="sdfootnote103anc"><sup>103</sup></a>. » La traduction plastique de la vie naturelle n’a rien d’une imitation, depuis la genèse même de l’œuvre, elle se détache du réel pour penser en termes artistiques. Il ne s’agit pas de supprimer la distance entre le réel et l’œuvre mais de la désigner, de l’explorer et de l’esthétiser<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote104sym" name="sdfootnote104anc"><sup>104</sup></a>. « Mon travail actuel est, comme toujours, figuratif ; c’est-à-dire, abstrait. Il part obligatoirement de la figuration et il se convertit en une abstraction qui se simplifie, qui se synthétise<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote105sym" name="sdfootnote105anc"><sup>105</sup></a> » explique-t-il.</p>
<h2>Des formes adoucies</h2>
<p>La fin de la Seconde Guerre mondiale marque une césure esthétique. Jusque-là les surfaces restent rugueuses, il fait peu appel à la sensualité et son style apparaît comme « une sorte de transfert du populaire dans l’art<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote106sym" name="sdfootnote106anc"><sup>106</sup></a> ». Sans doute influencé par l’amitié avec Henri Laurens, Lobo épure ensuite les formes qui deviennent plus arrondies et généreuses<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote107sym" name="sdfootnote107anc"><sup>107</sup></a>. La surface très lissée de la sculpture martégale de Lobo est ainsi à l’image de la majeure partie de son œuvre qui « bannit des surfaces toutes les aspérités (…) unit mélodieusement les formes qui ne cessent d’être à la fois pures, fermes et délicatement sensuelles. » La vitalité présente fait entrer « autant de respect et de ferveur que de familiarité<sup><a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote108sym" name="sdfootnote108anc"><sup>108</sup></a></sup> » qui inspire le silence, le calme, la rêverie et la contemplation sans exclure l’esquisse d’un mouvement ou d’une posture passagère du sujet. Les bronzes de Lobo ne sont cependant pas polis. Si l’aspect est doux, le rendu n’est pas scintillant ce qui s’accorde avec le caractère intimiste de l’œuvre. Les matériaux utilisés sont traditionnels : bronze, marbre, pierre, granit. L’artiste ne fait ni soudure ni assemblage. Les formes nettes, lisses, claires rappellent les traditions méditerranéennes antiques et plus récentes d’Aristide Maillol (1861-1944)<sup><a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote109sym" name="sdfootnote109anc"><sup>109</sup></a></sup>.</p>
<h2>Une affirmation vitale</h2>
<p>L’importance des nus féminins et l’adoucissement du style après la guerre se présentent pour le sculpteur comme un élan vital et un apaisement face aux traumatismes vécus. Ses œuvres paraissent ainsi vouloir s’émanciper de la lourdeur et des douleurs du passé. Il l’exprime, peu de temps avant sa mort, au sujet de l’un de ses récents nus représentant une femme levant les mains vers le ciel : « “cette figure représente la joie d’avoir passé toutes les horreurs de la guerre, de la lutte fratricide, ceci exprimé dans une parole, la liberté perdue dans les calamités de la guerre”<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote110sym" name="sdfootnote110anc"><sup>110</sup></a>. » La « conviction qui animait silencieusement sa vocation, ne résidait pas dans la production de belles formes mais dans le rejet de la mort<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote111sym" name="sdfootnote111anc"><sup>111</sup></a> » par la création de sculptures qui expriment un mouvement, une émotion. La texture lisse, la générosité, la proximité et même l’anonymat intriguant du visage de la <i>Jeune fille </i>invitent à la rencontre, à la douceur et à la sensualité. « Toute l’œuvre que réalise Baltasar est joyeuse, le jeu d’une maternité, de la mère avec son enfant. C’est un homme qui est heureux, il réalise une œuvre joyeuse, que l’on aime, que l’on embrasse, que l’on caresse<a class="sdfootnoteanc" href="#sdfootnote112sym" name="sdfootnote112anc"><sup>112</sup></a> » affirme son ami José Luis Alonso Coomonte, sculpteur originaire de Zamora.</p>
<p>Les femmes sans yeux et sans bouches de Lobo sont-elles un accomplissement artistique du projet libertaire par une sculpture des corps libres, qui jouent, qui bougent, qui donnent la vie, qui se devinent et se montrent, défient la pesanteur ou cherchent le contact ? Sont-elles la nostalgie ou la recherche d’une terre de Castille perdue, d’une Terre-Mère ? Peut-être. Elles sont sculptées par un artiste se définissant comme un artisan, réfractaire à la théorie, utilisant des techniques simples, s’inspirant de formes anciennes et populaires mais fortement impliqué et inscrit dans les avant-gardes culturelles, le mouvement anarchiste ainsi que l’anti-franquisme. Un sculpteur qui vécut un exil parisien salvateur sans jamais renier ses origines et ses convictions. Des premières sculptures aux dessins révolutionnaires, des formes abstraites aux figurations douces, l’œuvre de Lobo est un manifeste qui combat le fascisme et la mort par une esthétique de l’amour, de la simplicité, de la lutte contre la peur et la tragédie – armée de l’affirmation vitale.</p>
<p style="text-align: right;">Alexis Bonnet.</p>
<h1>Notes</h1>
<p><a href="https://museobaltasarlobo.es/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Museo Baltasar Lobo</a></p>
<div id="sdfootnote1">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote1anc" name="sdfootnote1sym">1</a> Son nom est <span style="font-size: small;">libellé comme Casuero</span> sur la carte de milicien confédéral (CNT, FAI) de Lobo exposée au <a href="https://museobaltasarlobo.es/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">musée de Zamora</a> mais d’autres sources contemporaines corrigent en Casquero comme GONZALEZ DIAZ DE GARAYO Concha, « Un legado para Zamora : la fundación Baltasar Lobo<i> »</i> dans<i> Las collecciones y los museos del exilio</i>, Inmaculada Real López (Ed.), 2021, p. 111.</p>
</div>
<div id="sdfootnote2">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote2anc" name="sdfootnote2sym">2</a> GONZALEZ DIAZ DE GARAYO Concha, <i>op. cit.</i><span style="font-style: normal;">, </span>p. 111.</p>
</div>
<div id="sdfootnote3">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote3anc" name="sdfootnote3sym">3</a> MULLER Joseph-Émile, BOLLMANN-MÜLLER Verena, <i>Lobo : catalogue raisonné de l’œuvre sculptée</i><span style="font-size: small;"><i>, </i></span><span style="font-size: small;"><span style="font-style: normal;">La Bibliothèque des Arts</span></span><span style="font-size: small;"><i>, </i></span><span style="font-size: small;"><span style="font-style: normal;">1985</span></span><span style="font-size: small;"><i>, </i></span>p. 11.</p>
</div>
<div id="sdfootnote4">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote4anc" name="sdfootnote4sym">4</a> GONZALEZ DIAZ DE GARAYO Concha,<i> </i><i>op. cit.,</i><i> </i>p. 111.</p>
</div>
<div id="sdfootnote5">
<p class="sdfootnote"><i><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote5anc" name="sdfootnote5sym">5</a> Ibid.</i></p>
</div>
<div id="sdfootnote6">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote6anc" name="sdfootnote6sym">6</a><i> Baltasar Lobo, exposition du 15 octobre au 23 décembre 2010</i>, Interart Galerie Genève, 2010, pp. 83-84, &lt;<span style="color: #0563c1;"><u><a href="https://issuu.com/galerieinterart/docs/catalogue_lobo_num__rique" target="_blank" rel="noopener noreferrer">https://issuu.com/galerieinterart/docs/catalogue_lobo_num__rique</a></u></span>&gt; [consulté le 23/04/2024].</p>
</div>
<div id="sdfootnote7">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote7anc" name="sdfootnote7sym">7</a> CABAÑAS BRAVO Miguel, « Baltasar Lobo recuperado del exilio galo : de Alberto a Laurens, de la Escuela de Vallecas a la Escuela de París <i>» </i>dans <i>Baltasar Lobo, escultura en plenitud</i>, Fundación Caja de Burgos, catalogue de l’exposition du 17 octobre 2017 au 7 janvier 2018, p. 45.</p>
</div>
<div id="sdfootnote8">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote8anc" name="sdfootnote8sym">8</a> BLANCH GONZALEZ Elena, « Une approche du sculpteur Baltasar Lobo<i> » </i>dans <i>Exils et migrations ibériques aux XX</i><sup><i>e</i></sup><i> et XXI</i><sup><i>e</i></sup><i> siècles,</i> n° 6 &#8211; 2014/1, Centre d&rsquo;études et de recherches sur les migrations ibériques, p. 47.</p>
</div>
<div id="sdfootnote9">
<p class="sdfootnote"><span style="font-size: small;"><i><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote9anc" name="sdfootnote9sym">9</a> </i>CABAÑAS BRAVO Miguel, <i>op. cit.</i>, p. 47.</span></p>
</div>
<div id="sdfootnote10">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote10anc" name="sdfootnote10sym">10</a> GONZALEZ DIAZ DE GARAYO Concha, <i>op. cit., </i>p. 115.</p>
</div>
<div id="sdfootnote11">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote11anc" name="sdfootnote11sym">11</a> CABAÑAS BRAVO Miguel, <i>op. cit.</i>, p. 48.</p>
</div>
<div id="sdfootnote12">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote12anc" name="sdfootnote12sym">12</a> REAL LÓPEZ Inmaculada, <i>La maternidad en la obra de Eleuterio Blasco Ferrer y otros escultores anarquistas</i>, Asociación Aragonesa de Críticos de Arte, Revista Número 23, juin 2013, &lt;<span style="color: #0563c1;"><u><a href="http://www.aacadigital.com/contenido.php?idarticulo=812" target="_blank" rel="noopener noreferrer">http://www.aacadigital.com/contenido.php?idarticulo=812</a></u></span>&gt; [consulté le 31/05/2023].</p>
</div>
<div id="sdfootnote13">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote13anc" name="sdfootnote13sym">13</a><i> Baltasar Lobo, exposition du 15 octobre au 23 décembre 2010, </i><i>op. cit.</i><i>, </i>p. 84.</p>
</div>
<div id="sdfootnote14">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote14anc" name="sdfootnote14sym">14</a> CABAÑAS BRAVO Miguel, <i>op. cit.</i>, p. 49.</p>
</div>
<div id="sdfootnote15">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote15anc" name="sdfootnote15sym">15</a><i> Ibid</i>, p. 50.</p>
</div>
<div id="sdfootnote16">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote16anc" name="sdfootnote16sym">16</a> MARTÍNEZ LÓPEZ Beatriz, « Cartas contra el olvido: una aproximación epistolar a la biografía de Mercedes Comaposada Guillén (1940-1970) » dans <i>Revista de Escritoras Ibéricas</i>, 12, 2024, pp. 136-137.</p>
</div>
<div id="sdfootnote17">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote17anc" name="sdfootnote17sym">17</a> MARÍN Dolors, « Baltasar Lobo : artista de vanguardia, artista total » dans <i>Libre Pensamiento</i>, otoño 2018, n° 96, Papeles de reflexión y debate, Confederación General del Trabajo (CGT), p. 109.</p>
</div>
<div id="sdfootnote18">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote18anc" name="sdfootnote18sym">18</a> GONZALEZ DIAZ DE GARAYO<i>, op. cit.,</i> p. 114.</p>
</div>
<div id="sdfootnote19">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote19anc" name="sdfootnote19sym">19</a> « Entrevista a Visitación Lobo y Gregorio Gallego », <i>El Solidario</i><span style="font-style: normal;">, n° 13, automne 2007, p. 4.</span></p>
</div>
<div id="sdfootnote20">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote20anc" name="sdfootnote20sym">20</a> Carte CNT FAI AIT « Milicias Confederales Lobo Casuero Baltasar », <a href="https://museobaltasarlobo.es/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Musée Baltasar Lobo de Zamora</a>.</p>
</div>
<div id="sdfootnote21">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote21anc" name="sdfootnote21sym">21</a> CABAÑAS BRAVO Miguel, <i>op. cit.</i>, pp. 50-51.</p>
</div>
<div id="sdfootnote22">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote22anc" name="sdfootnote22sym">22</a> « Entrevista a Visitación Lobo y Gregorio Gallego », <i>op. cit.</i><span style="font-style: normal;">, </span>pp. 8-9.</p>
</div>
<div id="sdfootnote23">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote23anc" name="sdfootnote23sym">23</a> SOLER Milagros, <i>Baltasar Lobo Casuero : un escultor anarquista en las calles de Andalucía</i> &#8211; Almería, del 24 de noviembre de 2009 al 25 de enero de 2010, 2009, &lt;<a href="https://www.culturandalucia.com/Baltasar_Lobo/Baltasar_Lobo_escultor.htm" target="_blank" rel="noopener noreferrer">https://www.culturandalucia.com/Baltasar_Lobo/Baltasar_Lobo_escultor.htm</a>&gt; [consulté le 28/03/2026].</p>
</div>
<div id="sdfootnote24">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote24anc" name="sdfootnote24sym">24</a> Les circonstances de ce décès ne sont pas complètement claires. Visitación Lobo parle de l’explosion d’une bombe dans le quartier de Chamartín, Milagros Soler affirme qu’Isaac Lobo meurt sous <span style="font-size: small;">un</span> bombardement <span style="font-size: small;">en visite dans</span> la maison familiale à Usero. Dans son catalogue, Interart Galerie de Genève évoque l’explosion accidentelle d’une bombe pendant le déchargement d’un camion de munitions et Concha González Díaz de Garayo d’un accident lors du désamorçage d’une bombe.</p>
</div>
<div id="sdfootnote25">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote25anc" name="sdfootnote25sym">25</a> GONZALEZ DIAZ DE GARAYO<i>, op. cit.,</i> p. 114-115.</p>
</div>
<div id="sdfootnote26">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote26anc" name="sdfootnote26sym">26</a> « Entrevista a Visitación Lobo y Gregorio Gallego », <i>op. cit.</i><span style="font-style: normal;">, p. </span><span style="font-size: small;"><span style="font-style: normal;">10</span></span><span style="font-style: normal;">.</span></p>
</div>
<div id="sdfootnote27">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote27anc" name="sdfootnote27sym">27</a><span style="font-size: small;"><i> Ibid</i></span><span style="font-style: normal;">, </span>pp. 9-10 et MARÍN Dolors, <i>op. cit.</i>, p. 111.</p>
</div>
<div id="sdfootnote28">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote28anc" name="sdfootnote28sym">28</a> CABAÑAS BRAVO Miguel, <i>op. cit.,</i> pp. 51-53.</p>
</div>
<div id="sdfootnote29">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote29anc" name="sdfootnote29sym">29</a> REMESAL Agustín, <i>Baltasar Lobo, la soledad del escultor</i>, Hepkra Digital S. L., 2018, film documentaire Radiotelevisión Española (RTVE), 18<sup>e</sup> mn.</p>
</div>
<div id="sdfootnote30">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote30anc" name="sdfootnote30sym">30</a> CABAÑAS BRAVO Miguel, <i>op. cit.,</i> p. 53.</p>
</div>
<div id="sdfootnote31">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote31anc" name="sdfootnote31sym">31</a><i> Baltasar Lobo, exposition du 15 octobre au 23 décembre 2010</i>, <i>op. cit., </i>pp. 86-87.</p>
</div>
<div id="sdfootnote32">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote32anc" name="sdfootnote32sym">32</a> « Entrevista a Visitación Lobo y Gregorio Gallego », <i>op. cit.</i><span style="font-style: normal;">, p. </span><span style="font-size: small;"><span style="font-style: normal;">10.</span></span></p>
</div>
<div id="sdfootnote33">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote33anc" name="sdfootnote33sym">33</a> MARÍN Dolors, <i>op. cit.</i> p. 111.</p>
</div>
<div id="sdfootnote34">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote34anc" name="sdfootnote34sym">34</a><i> Baltasar Lobo, exposition du 15 octobre au 23 décembre 2010</i>, <i>op. cit., </i>pp. 86-88.</p>
</div>
<div id="sdfootnote35">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote35anc" name="sdfootnote35sym">35</a> CABAÑAS BRAVO Miguel, <i>op. cit.</i>, pp. 60-70.</p>
</div>
<div id="sdfootnote36">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote36anc" name="sdfootnote36sym">36</a> MULLER Joseph-Émile, BOLLMANN-MÜLLER Verena<i>,</i><i> </i><i>op. cit., </i>p. 14.</p>
</div>
<div id="sdfootnote37">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote37anc" name="sdfootnote37sym">37</a> Lobo écrit un article intitulé « <i>Quisiera decir algo… </i>» au sujet d’Henri Laurens dans un numéro spécial consacré au sculpteur publié par <i>Le Point, Revue artistique et littéraire</i>, nº 33, juillet 1946, pp. 47-48 en compagnie entre autres de Pierre Reverdy, Michel Leiris, Tristan Tzara etc.</p>
</div>
<div id="sdfootnote38">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote38anc" name="sdfootnote38sym">38</a> CABAÑAS BRAVO Miguel, <i>op. cit.,</i> p. 59.</p>
</div>
<div id="sdfootnote39">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote39anc" name="sdfootnote39sym">39</a><span style="font-size: small;"><i> Ibid</i></span>, p. 70.</p>
</div>
<div id="sdfootnote40">
<p class="sdfootnote"><i><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote40anc" name="sdfootnote40sym">40</a> Ibid, </i><span style="font-style: normal;">pp. 72-73.</span></p>
</div>
<div id="sdfootnote41">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote41anc" name="sdfootnote41sym">41</a><i> Boletín de la Unión de Intelectuales Españoles</i><span style="font-style: normal;">, </span><span style="font-style: normal;">Biblioteca virtual Miguel de Cervantes, Universidad de Alicante,</span> &lt;<a href="https://www.cervantesvirtual.com/obras/partes/boletin-de-la-union-de-intelectuales-espanoles/?q=&amp;orden=EXPLICITO&amp;p=0" target="_blank" rel="noopener noreferrer">https://www.cervantesvirtual.com/obras/partes/boletin-de-la-union-de-intelectuales-espanoles/?q=&amp;orden=EXPLICITO&amp;p=0</a>&gt; [consulté le 09/04/2026].</p>
</div>
<div id="sdfootnote42">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote42anc" name="sdfootnote42sym">42</a><i> Baltasar Lobo, exposition du 15 octobre au 23 décembre 2010</i>, <i>op. cit., </i>pp. 89-90.</p>
</div>
<div id="sdfootnote43">
<p class="sdfootnote"><i><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote43anc" name="sdfootnote43sym">43</a> La fresque collective et surréaliste de 1945 </i><span style="font-style: normal;">dans </span><i>Des fresques artistiques en salle de garde : une drôle d’histoire à Sainte-Anne !, </i><span style="font-style: normal;">Groupe Hospitalo-</span><span style="font-size: small;"><span style="font-style: normal;">U</span></span><span style="font-style: normal;">niversitaire Paris Psychiatrie et neurosciences, &lt;<a href="https://www.ghu-paris.fr/fr/actualites/des-fresques-artistiques-en-salle-de-garde-une-drole-dhistoire-sainte-anne" target="_blank" rel="noopener noreferrer">https://www.ghu-paris.fr/fr/actualites/des-fresques-artistiques-en-salle-de-garde-une-drole-dhistoire-sainte-anne&gt;</a> [consulté le 31/03/2026].</span></p>
</div>
<div id="sdfootnote44">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote44anc" name="sdfootnote44sym">44</a> CABAÑAS BRAVO Miguel, <i>op. cit.</i>, pp. 73-75.</p>
</div>
<div id="sdfootnote45">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote45anc" name="sdfootnote45sym">45</a><i> Baltasar Lobo, exposition du 15 octobre au 23 décembre 2010, op.cit, </i>p. 91.</p>
</div>
<div id="sdfootnote46">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote46anc" name="sdfootnote46sym">46</a> CABAÑAS BRAVO Miguel, <i>op. cit.,</i> pp. 76-77</p>
</div>
<div id="sdfootnote47">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote47anc" name="sdfootnote47sym">47</a> OCEJO DURAND Nel, <i>op. cit., </i>pp. 219-220.</p>
</div>
<div id="sdfootnote48">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote48anc" name="sdfootnote48sym">48</a> CABAÑAS BRAVO Miguel, <i>op. cit.,</i> p. 75.</p>
</div>
<div id="sdfootnote49">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote49anc" name="sdfootnote49sym">49</a> OCEJO DURAND Nel, <i>op. cit., </i>p. 218.</p>
</div>
<div id="sdfootnote50">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote50anc" name="sdfootnote50sym">50</a> BLANCH GONZALEZ Elena, <i>op. cit., </i>pp. 53-54.</p>
</div>
<div id="sdfootnote51">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote51anc" name="sdfootnote51sym">51</a> REMESAL Agustín, <i>op. cit.,</i> 29<sup>e</sup>-30<sup>e</sup> mn. (traduction de l’auteur).</p>
</div>
<div id="sdfootnote52">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote52anc" name="sdfootnote52sym">52</a> REAL LÓPEZ Inmaculada, <i>op. cit.</i></p>
</div>
<div id="sdfootnote53">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote53anc" name="sdfootnote53sym">53</a> P.-M. G., « Lobo et les « maternités »», <i>Le Monde</i>, 26 mars 1970.</p>
</div>
<div id="sdfootnote54">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote54anc" name="sdfootnote54sym">54</a> BOLAÑOS María, <i>El silencio del escultor : Baltasar Lobo (1910-1993),</i> Consejería de Educación y Cultura, Valladolid, 2000, p. 163.</p>
</div>
<div id="sdfootnote55">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote55anc" name="sdfootnote55sym">55</a><i> Le Monument aux Espagnols d’Annecy à l’honneur en octobre 2017</i>, Amicale de la Résistance Espagnole, 20 octobre 2017, &lt;<a href="http://resistance-espagnole74.com/le-monument-aux-espagnols-dannecy-a-lhonneur-en-octobre-2017" target="_blank" rel="noopener noreferrer">http://resistance-espagnole74.com/le-monument-aux-espagnols-dannecy-a-lhonneur-en-octobre-2017</a>&gt; [consulté le 14/05/2024] et CABAÑAS BRAVO Miguel, <i>op. cit., </i>pp. 77-78.</p>
</div>
<div id="sdfootnote56">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote56anc" name="sdfootnote56sym">56</a> « Entrevista a Visitación Lobo y Gregorio Gallego », <i>op. cit.</i><span style="font-style: normal;">, p. </span><span style="font-size: small;"><span style="font-style: normal;">10</span></span><span style="font-style: normal;">.</span></p>
</div>
<div id="sdfootnote57">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote57anc" name="sdfootnote57sym">57</a> CABAÑAS BRAVO Miguel, <i>op. cit.,</i> pp. 54-55, note 31 citant Bolaños, 2000, p. 101.</p>
</div>
<div id="sdfootnote58">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote58anc" name="sdfootnote58sym">58</a><i> Ibid.</i> p. <span style="font-size: small;">78.</span></p>
</div>
<div id="sdfootnote59">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote59anc" name="sdfootnote59sym">59</a> MARTÍNEZ LÓPEZ Beatriz, <i>op. cit.</i>, pp. 148-149.</p>
</div>
<div id="sdfootnote60">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote60anc" name="sdfootnote60sym">60</a> CABAÑAS BRAVO Miguel, <i>op. cit., </i>pp. 78-80</p>
</div>
<div id="sdfootnote61">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote61anc" name="sdfootnote61sym">61</a> MARTÍNEZ LÓPEZ Beatriz, <i>op. cit.,</i> pp. 144-145.</p>
</div>
<div id="sdfootnote62">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote62anc" name="sdfootnote62sym">62</a><span style="font-size: small;"><i> Ibid</i></span><i>,</i> p. 152.</p>
</div>
<div id="sdfootnote63">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote63anc" name="sdfootnote63sym">63</a> Madrid : Taurus ediciones (Dialogus), 137 p.</p>
</div>
<div id="sdfootnote64">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote64anc" name="sdfootnote64sym">64</a> Alfaguara, 193 p.</p>
</div>
<div id="sdfootnote65">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote65anc" name="sdfootnote65sym">65</a> MARTÍNEZ LÓPEZ Beatriz, <i>op. cit.</i>, pp. 156-157.</p>
</div>
<div id="sdfootnote66">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote66anc" name="sdfootnote66sym">66</a><i> Baltasar Lobo, exposition du 15 octobre au 23 décembre 2010, op.cit, </i>pp. 91-92.</p>
</div>
<div id="sdfootnote67">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote67anc" name="sdfootnote67sym">67</a> GONZALEZ DIAZ DE GARAYO Concha, <i>op. cit.</i>,<i> </i>p. 122.</p>
</div>
<div id="sdfootnote68">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote68anc" name="sdfootnote68sym">68</a> CABAÑAS BRAVO Miguel, <i>op. cit.</i>, p. 57.</p>
</div>
<div id="sdfootnote69">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote69anc" name="sdfootnote69sym">69</a><span style="font-size: small;"><i> Ibid.</i></span>, pp. 78-82</p>
</div>
<div id="sdfootnote70">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote70anc" name="sdfootnote70sym">70</a> MARÍN Dolors, <i>op. cit.</i>, p. 112 et GONZALEZ DIAZ DE GARAYO Concha, <i>op. cit.</i>,<i> </i>p. 124.</p>
</div>
<div id="sdfootnote71">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote71anc" name="sdfootnote71sym">71</a> REAL LÓPEZ Inmaculada, <i>op. cit.</i></p>
</div>
<div id="sdfootnote72">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote72anc" name="sdfootnote72sym">72</a><i> Baltasar Lobo, exposition du 15 octobre au 23 décembre 2010, op.cit, </i><span style="font-style: normal;">p</span>p. 91-92.</p>
</div>
<div id="sdfootnote73">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote73anc" name="sdfootnote73sym">73</a> BLANCH GONZALEZ Elena, <i>op. cit., </i>p. 62.</p>
</div>
<div id="sdfootnote74">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote74anc" name="sdfootnote74sym">74</a> GONZALEZ DIAZ DE GARAYO Concha<i>, </i><i>op. cit.,</i> pp. 121-122.</p>
</div>
<div id="sdfootnote75">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote75anc" name="sdfootnote75sym">75</a> REMESAL Agustín, <i>op. cit., </i>52<sup>e </sup>mn.</p>
</div>
<div id="sdfootnote76">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote76anc" name="sdfootnote76sym">76</a> GONZALEZ DIAZ DE GARAYO Concha, <i>op. cit.</i>, p. 126.</p>
</div>
<div id="sdfootnote77">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote77anc" name="sdfootnote77sym">77</a><span style="font-size: small;"><i> Ibid</i></span><i>.</i>, p. 129.</p>
</div>
<div id="sdfootnote78">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote78anc" name="sdfootnote78sym">78</a> Facture de la Galerie Villand &amp; Galanis, Lobo « Jeune fille » 1968, 21 mars 1978, Archives Communales de Martigues (ACM) &#8211; O2 G2 B18 &#8211; Aménagement de diverses places sculpture Lobo.</p>
</div>
<div id="sdfootnote79">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote79anc" name="sdfootnote79sym">79</a> ACHILLI Emmanuelle, BLASCO Maud, « L’hôtel de ville de Martigues, un geste architectural et artistique au service de la population » dans <i>Histoire et récits du pays martégal</i>, tome IV, Atelier Baie, 2023, p. 146.</p>
</div>
<div id="sdfootnote80">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote80anc" name="sdfootnote80sym">80</a> Soit 25 300 euros en 2025 d’après INSEE &#8211; Convertisseur franc-euro : pouvoir d&rsquo;achat de l&rsquo;euro et du franc &lt;https://www.insee.fr/fr/information/2417794&gt;</p>
</div>
<div id="sdfootnote81">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote81anc" name="sdfootnote81sym">81</a> ACM &#8211; O2 G2 B18 &#8211; Aménagement de diverses places sculpture Lobo.</p>
</div>
<div id="sdfootnote82">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote82anc" name="sdfootnote82sym">82</a> ACM &#8211; O2 G2 B18 : courrier et notes manuscrites en marge 11/02/1978, 15/03/1978, note manuscrite 17/02/1978, factures du 21 mars 1978, courrier signé par Sylvie Galanis, 21 mars 1978.</p>
</div>
<div id="sdfootnote83">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote83anc" name="sdfootnote83sym">83</a><i> Baltasar Lobo – Retrospectiva : 23 de mayo al 13 de junio 1999</i>, Galeria Freites, Caracas (Venezuela), p. 60. Ce catalogue mentionne une liste d’œuvres présentes dans les collections publiques par pays. Pour la France, il mentionne deux œuvres présentes dans des lycées à Quimper et Dijon dont on ne trouve pas trace sur des sources francophones plus récentes.</p>
</div>
<div id="sdfootnote84">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote84anc" name="sdfootnote84sym">84</a><i> Parc floral de Paris – Jardin botanique de Paris</i>, Ville de Paris, avril 2021, 2 p. &lt;<a href="https://cdn.paris.fr/paris/2021/06/14/e87f3de12563425c54ce13f77c4e7bdc.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">https://cdn.paris.fr/paris/2021/06/14/e87f3de12563425c54ce13f77c4e7bdc.pdf</a>&gt; [consulté le 30/05/2024].</p>
</div>
<div id="sdfootnote85">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote85anc" name="sdfootnote85sym">85</a><i> L&rsquo;enfant qui marche de Baltasar Lobo</i>, Vitry-sur-Seine, plan interactif, &lt;<a href="https://vitry94.plan-interactif.com/fr/#!/category/763500/marker/743217" target="_blank" rel="noopener noreferrer">https://vitry94.plan-interactif.com/fr/#!/category/763500/marker/743217</a>&gt; [consulté le 30/05/2024].</p>
</div>
<div id="sdfootnote86">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote86anc" name="sdfootnote86sym">86</a> MULLER Joseph-Émile, BOLLMANN-MÜLLER Verena, <i>op. cit.</i>, photo et légende n° 258. Toutes les sculptures en bronze de Lobo ont été réalisées en 8 exemplaires minimum avec parfois un nombre plus réduit d’épreuves d’artiste (MULLER Joseph-Émile, BOLLMANN-MÜLLER Verena, p. 98).</p>
</div>
<div id="sdfootnote87">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote87anc" name="sdfootnote87sym">87</a> BOLAÑOS María, 2000, <i>op. cit.</i> p. 157 (traduction de l’auteur).</p>
</div>
<div id="sdfootnote88">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote88anc" name="sdfootnote88sym">88</a> 22 cm x 8 cm x 9 cm.</p>
</div>
<div id="sdfootnote89">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote89anc" name="sdfootnote89sym">89</a> 39 cm x 20 cm x 16 cm.</p>
</div>
<div id="sdfootnote90">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote90anc" name="sdfootnote90sym">90</a> MULLER Joseph-Émile, BOLLMANN-MÜLLER Verena, <i>op. cit.</i>, photos et légendes n° 232, 247, 264, 441, 474, 513, 516, 528, 525.</p>
</div>
<div id="sdfootnote91">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote91anc" name="sdfootnote91sym">91</a> BOLAÑOS María, <span style="font-style: normal;">2000, </span><i>op. cit.,</i> p. 154.</p>
</div>
<div id="sdfootnote92">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote92anc" name="sdfootnote92sym">92</a><span style="font-size: small;"><i> Ibid</i></span><i>.</i>, p. 155 et BOLAÑOS María, « Baltasar Lobo, un compás en el ojo », <i>Descubrir el arte</i> n° 233, juillet 2018, p. 61.</p>
</div>
<div id="sdfootnote93">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote93anc" name="sdfootnote93sym">93</a> BOLAÑOS María, <span style="font-style: normal;">2000, </span><i>op. cit.,</i> p. 154 (traduction de l’auteur).</p>
</div>
<div id="sdfootnote94">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote94anc" name="sdfootnote94sym">94</a> En français dans le texte.</p>
</div>
<div id="sdfootnote95">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote95anc" name="sdfootnote95sym">95</a> BOLAÑOS María, 2000, <i>op. cit.</i>, p. 159 (traduction de l’auteur).</p>
</div>
<div id="sdfootnote96">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote96anc" name="sdfootnote96sym">96</a> Les sculptures conservées de Lobo antérieures à l’exil sont peu nombreuses. Le style est classique. L’une des premières œuvres connues est <i>Retrato de una niña</i> (portrait d’une jeune fille) datée de 1924 inspirée d’une de ses sœurs. <i>El esclavo</i> datée de 1925 a été reconstitué à partir de son moulage. D’autres œuvres sont recensées en 1927 puis en 1928 : <i>Mi prima Bernarda</i> et un buste intitulé <i>Andrés</i>. Le <a href="https://museobaltasarlobo.es/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">musée Baltasar Lobo de Zamora</a> a fait l’acquisition d’une œuvre en marbre réalisée vers 1930 : <i>Joven desnuda de pie</i>.</p>
</div>
<div id="sdfootnote97">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote97anc" name="sdfootnote97sym">97</a> MULLER Joseph-Émile, BOLLMANN-MÜLLER Verena, <i>op. cit.,</i> photos et légendes n° 6, 38 ; <i>Femme se coiffant</i> (1944 ) semblant être la dernière à montrer une bouche et des yeux.</p>
</div>
<div id="sdfootnote98">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote98anc" name="sdfootnote98sym">98</a><span style="font-size: small;"><i> Ibid</i></span><i>., </i>pp. 25-26.</p>
</div>
<div id="sdfootnote99">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote99anc" name="sdfootnote99sym">99</a><i> Ibid.</i>, photos et légendes n° 21, 30 et <i>Inauguración de la exposición Lobo</i>, 1964, Radiodiffusion-Télévision Française, 8’49’’-12’10’’, Institucional &#8211; Biblioteca Universitaria &#8211; Devuélveme la Voz, Université d’Alicante &lt;<a href="https://rua.ua.es/dspace/handle/10045/32357" target="_blank" rel="noopener noreferrer">https://rua.ua.es/dspace/handle/10045/32357</a>&gt; [consulté le 05/05/2026].</p>
</div>
<div id="sdfootnote100">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote100anc" name="sdfootnote100sym">100</a> MULLER Joseph-Émile, BOLLMANN-MÜLLER Verena, <i>op. cit.,</i> p. 32.</p>
</div>
<div id="sdfootnote101">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote101anc" name="sdfootnote101sym">101</a> RAMOS DE LA TORRE Luis, « Convergencia y oficio entre Baltasar Lobo y Claudio Rodríguez (la alegría, el impulso y el vuelo) <i>» </i>dans <i>Tropelías, Revista de Teoría de la Literatura y Literatura Comparada</i>, n° 32, 2019, p. 210.</p>
</div>
<div id="sdfootnote102">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote102anc" name="sdfootnote102sym">102</a> OCEJO DURAND Nel, <i>op. cit., </i>p. 226.</p>
</div>
<div id="sdfootnote103">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote103anc" name="sdfootnote103sym">103</a><i> Ibid</i><i>.,</i> p. 208.</p>
</div>
<div id="sdfootnote104">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote104anc" name="sdfootnote104sym">104</a> BOLAÑOS María<i>, </i><span style="font-style: normal;">2000</span><i>, </i><i>op. cit.</i>, pp. 151-152.</p>
</div>
<div id="sdfootnote105">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote105anc" name="sdfootnote105sym">105</a> GUILLÉN Mercedes, <i>Conversaciones con los artistas españoles de la Escuela de París</i>, Taurus,</p>
<p class="sdfootnote">1960, p. 87 (traduction de l’auteur) cité dans BOLAÑOS María, 2000, <i>op. cit.</i>, p. 151.</p>
</div>
<div id="sdfootnote106">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote106anc" name="sdfootnote106sym">106</a> BLANCH GONZALEZ Elena<i>,</i> <i>op. cit.</i>, pp. 52-53.</p>
</div>
<div id="sdfootnote107">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote107anc" name="sdfootnote107sym">107</a> MULLER Joseph-Émile, BOLLMANN-MÜLLER Verena, <i>op. cit., </i>pp. 15-16.</p>
</div>
<div id="sdfootnote108">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote108anc" name="sdfootnote108sym">108</a><i> Ibid.</i><i>, </i>pp. 25-26.</p>
</div>
<div id="sdfootnote109">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote109anc" name="sdfootnote109sym">109</a><i> Ibid.</i><i>, </i>p. 32.</p>
</div>
<div id="sdfootnote110">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote110anc" name="sdfootnote110sym">110</a> BOLAÑOS María, <span style="font-style: normal;">2000,</span> <i>op. cit.</i> p. 85 cité dans RAMOS DE LA TORRE Luis, p. 224 (traduction de l’auteur).</p>
</div>
<div id="sdfootnote111">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote111anc" name="sdfootnote111sym">111</a><i> Ibid.</i> p. 152 (traduction de l’auteur).</p>
</div>
<div id="sdfootnote112">
<p class="sdfootnote"><a class="sdfootnotesym" href="#sdfootnote112anc" name="sdfootnote112sym">112</a> REMESAL Agustín, <span style="font-size: small;"><i>op. cit.</i></span>, 51-52<sup>e</sup> mn.</p>
</div>
]]></content:encoded>
					
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			</item>
		<item>
		<title>Joe Hill – le film</title>
		<link>https://justelibre.toile-libre.org/2021/02/02/joe-hill-le-film/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[justelibre]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Feb 2021 15:22:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicalisme]]></category>
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					<description><![CDATA[Un film consacré à Joe Hill, réalisé par Bo Widerberg, restauré et projeté en 2015, a été édité, sur DVD, l’année dernière. Sorti en 1970, primé à Cannes un an plus tard, ce long-métrage évoque la vie d’un immigré suédois débarqué à New-York au début du XXe siècle. Confronté au chômage et à la pauvreté, [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Un film consacré à Joe Hill, réalisé par Bo Widerberg, restauré et projeté en 2015, a été édité, sur DVD, l’année dernière. Sorti en 1970, primé à Cannes un an plus tard, ce long-métrage évoque la vie d’un immigré suédois débarqué à New-York au début du XXe siècle. Confronté au chômage et à la pauvreté, Joe Hill parcourt le pays et devient un <em>hobo</em>. Il se syndique au sein des IWW, une organisation de base, libertaire et ouverte aux femmes ainsi qu’aux travailleurs immigrés jusque-là délaissés par le syndicalisme bureaucratique américain.<span id="more-1091"></span></p>
<p>Suivant l’itinéraire de Joe Hill, le film montre la réalité d’un monde social et des luttes syndicales. La vie de ce militant &#8211; son frère qui ne donne plus de nouvelles, ses amours, ses boulots &#8211; se mêlent à celles dont il partage la condition : ses camarades, femmes, hommes ou enfants &#8211; leurs révoltes et leurs grèves.</p>
<p>La créativité des pratiques des IWW est assez remarquablement restituée. Joe Hill et ses compagnons sont refoulés d’un village où seule la chorale de l’Armée du Salut a le droit de s’exprimer. « <em>Pourquoi pas nous ? </em>» demande le syndicaliste à un policier qui lui répond : «<em> eux, ils chantent, non ?</em> » Prenant au mot son interlocuteur, le syndicaliste écrit puis interprète un texte parodique :</p>
<blockquote>
<p>You will eat, bye and bye in that glorious land above the sky. Work and pray, live on hay, you&rsquo;ll get pie in the sky when you die.</p>
<p>Vous mangerez à votre faim au royaume des cieux. Travaillez et priez, vivez sur la paille, vous aurez du gâteau une fois là-haut !</p>
<p>Joe Hill &#8211; The Preacher and the Slave</p>
</blockquote>
<p>Avec les IWW, la chanson n’est pas un objet d’artiste séparé de la réalité ouvrière. Elle en émane et elle porte les idées et les revendications. Plus joliment &#8211; et plus efficacement – qu’un tract, elle circule et traverse les époques. Le chant est une expérience faisant appel aux émotions et celles du militant sont, dans ce film, assez finement représentées sans excéder dans le romantisme ou le réalisme.</p>
<p>Mais Joe Hill n’est pas simplement resté à la postérité pour ses chansons. Déclaré coupable d’un meurtre, il est emprisonné puis exécuté. Cette fin, en martyr, est filmée très longuement. « <em>Qu’est-ce qui est mieux pour nous ? Qu’ils le tuent ou pas ?</em> » s’interroge un de ses camarades en petit comité. Si la question reste sans réponse, le scénario ne l’élude pas. Le caractère sacrificiel du comportement de Joe Hill n’est pas, non plus, occulté. En mesure de s’échapper par la grâce d’un geôlier un peu trop sympathique, le syndicaliste lui demande de revenir, de fermer la porte et de lui remettre ses chaînes. Comme si le mouvement avait besoin de son sacrifice pour faire naître un mythe.</p>
<p>Le DVD est accompagné d’une mise en contexte du film. C’est intéressant mais peut-être un peu trop esthétisant. Surtout que le sujet même, notamment les IWW, la singularité de ce syndicalisme dans l’histoire sociale des USA n’est, <em>a contrario</em>, pas réellement contextualisé ou expliqué. On peut le regretter bien que le film soit déjà une grande porte ouverte à la curiosité sur ce thème.</p>
<p><a href="http://www.malavidafilms.com/cinema/joehill">http://www.malavidafilms.com/cinema/joehill</a></p>


<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>OCCUPONS TOUT !</title>
		<link>https://justelibre.toile-libre.org/2016/04/13/occupons-tout/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[justelibre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Apr 2016 12:35:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Anarchisme]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicalisme]]></category>
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					<description><![CDATA[Sortir du clivage sclérosant entre légalisme et insurrection permettrait peut-être d&#8217;avancer un peu dans le mouvement contre la loi Travail. Les occupations de places hésitent entre un refus de toute verticalité, un légalisme constituant ou l&#8217;électoralisme. Les défilés syndicaux sont trop classiques pour une partie des manifestants qui poursuivent l&#8217;action de façon plus libre avec [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Sortir du clivage sclérosant entre légalisme et insurrection permettrait peut-être d&rsquo;avancer un peu dans le mouvement contre la loi Travail. Les occupations de places hésitent entre un refus de toute verticalité, un légalisme constituant ou l&rsquo;électoralisme. Les défilés syndicaux sont trop classiques pour une partie des manifestants qui poursuivent l&rsquo;action de façon plus libre avec infiltration de flics en civils aux méthodes brutales. Une autre piste qui fut notamment portée par des anarchistes individualistes – dont certains n&rsquo;ont jamais cru au grand soir &#8211; consiste à vivre ses idées maintenant sans s’en remettre à un avenir paradisiaque. Du reste, cette volonté de construction au présent a aussi existé dans le mouvement ouvrier : conquête de droits sociaux, Bourses du Travail, coopératives, mutuelles. Les alternatives concrètes se poursuivent aujourd&rsquo;hui à travers de multiples lieux et expériences.</p>
<p><span id="more-848"></span></p>
<p>Le plus critiquable dans ce qui émerge actuellement semble être le souverainisme. Mettre tous les problèmes sur le dos de l&rsquo;Europe, c&rsquo;est implicitement encourager un climat chauvin. Il n’y a pas d&rsquo;âge d’or d’avant l’Union Européenne. En quoi remplacer la technocratie européenne par la bonne vieille technocratie française changera-t-il les choses ? Le souverainisme revendique un État national qui dominerait le Capital alors que les deux se sont toujours accordés pour subordonner le social. La contestation des années 1960-70 a débouché sur un déplacement des luttes de terrain vers l&rsquo;État. CGT et CFDT ont fini par tout miser sur l&rsquo;étatisation des luttes : la conquête du pouvoir par la gauche devenant la seule alternative possible (1).</p>
<p>À partir de 1985, le déclin du nombre de jours de grèves s&rsquo;accentue. Hormis quelques sursauts sous des gouvernements de droite, le dernier pic sous la gauche remonte à 1982-1984. Ce fut le «<em> printemps de la dignité </em>» des OS de l&rsquo;industrie automobile en crise. Vers 1983, face aux licenciements, les socialistes choisissent la rigueur et redéfinissent les politiques d&rsquo;immigration. Jusqu&rsquo;en 1982, les OS immigrés avaient pu compter sur le soutien du gouvernement socialiste. En janvier 1983, lors de grèves chez Renault, Pierre Mauroy déclare : « <em>Les principales difficultés qui demeurent sont posées par des travailleurs immigrés (&#8230;) agités par des groupes religieux</em> » et Gaston Defferre parle « <em>d’intégristes, de chiites</em> ». En mars, le FN fait ses premiers scores aux municipales. (2)</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui, si une partie du sens du collectif a été perdu, une forme d&rsquo;idéalisme également. Et ce n&rsquo;est pas plus mal. Le goût du concret, du quotidien, le refus des grands discours, ce n&rsquo;est pas autre chose qu&rsquo;une volonté de s&rsquo;organiser. Si l&rsquo;individualisme tant dénoncé permettait de reconstruire du collectif en respectant la liberté et la justice alors on aurait beaucoup à gagner. Car l&rsquo;étincelle du mouvement actuel concerne une loi sur le travail. C&rsquo;est loin d&rsquo;être anodin. Évidemment cela pose la question syndicale. La CGT réunie en congrès à Marseille au mois d&rsquo;avril a produit un subtil appel : amplification de la riposte par la grève interprofessionnelle et les manifestations pour obtenir « dans un premier temps » le retrait du projet de loi, la reconduction étant à la charge d&rsquo;AG sur les lieux de travail (3).</p>
<p>Ce mouvement qui essaie de persister aspire en partie à la démocratie directe tout en posant la question du rapport au salariat voire plus globalement au travail. Les idées, les pratiques et les expériences anarchistes &#8211; horizontalité, fédéralisme, mandatement impératif et révocable, abolition du salariat et de l&rsquo;État &#8211; peuvent apporter beaucoup. Alors. Occuper les places la nuit, c&rsquo;est bien. Défiler dans les rues, aussi. Mais pourquoi ignorer les lieux qui concernent la production et la distribution ? Pourquoi ne pas occuper aussi les entreprises, les services, les structures sociales, culturelles et éducatives, les mairies, les supermarchés, les logements vides (etc.) et lier la lutte avec le monde rural ?</p>
<p><strong>Gérons directement ce qui nous concerne au quotidien ! Réapproprions-nous ces lieux afin d&rsquo;en décider des usages et des fonctionnements !</strong></p>
<p style="text-align: right;">Alexis.</p>
<p>(1) Xavier Vigna, <em>L’insubordination ouvrière dans les années 68</em>, 2008, PUR, p. 325<br />
(2) Alexandre Carlier, <em>Mesurer les grèves dans les entreprises : des données administratives aux données d’enquêtes</em>, 2008 ; Nicolas Hatzfeld, Jean-Louis Loubet, <em>Les conflits Talbot, du printemps syndical au tournant de la rigueur (1982-1984)</em>, Vingtième Siècle, 2004 ; Vincent Gay, <em>Des grèves de la dignité aux luttes contre les licenciements : les travailleurs immigrés de Citroën et Talbot, 1982-1984</em>, Contretemps, 2013.<br />
(3) 20 avril 2016,<em> Appel du 51eme congrès,</em> Marseille. En 1908 dans la même ville, la CGT avait laissé aux travailleurs la charge de répondre par eux-mêmes «<em> à la déclaration de guerre par une déclaration de grève générale révolutionnaire. </em>» Congrès national, 1908 ; Marseille, p. 213.</p>
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		<item>
		<title>Force Occulte à Marseille</title>
		<link>https://justelibre.toile-libre.org/2014/05/19/force-occulte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[justelibre]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 May 2014 17:09:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Provence]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicalisme]]></category>
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					<description><![CDATA[Un vice de forme selon l&#8217;arrêt du tribunal administratif rendu le 16 mai 2014. En 2010, Patrick Casse, élu FO et directeur du département Lettres et Arts de la Bibliothèque de Marseille a été proposé à l&#8217;avancement au grade de conservateur par une Commission administrative paritaire&#8230; où il siégeait lui-même avec la DRH. Une vingtaine [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="margin-bottom: 0cm">Un vice de forme selon l&rsquo;arrêt du tribunal administratif rendu le 16 mai 2014. En 2010, Patrick Casse, élu FO et directeur du département Lettres et Arts de la Bibliothèque de Marseille a été proposé à l&rsquo;avancement au grade de conservateur par une Commission administrative paritaire&#8230; où il siégeait lui-même avec la DRH. Une vingtaine de collègues pouvait prétendre à cette promotion. Il était seul sur la liste. Depuis que Gaston Defferre s&rsquo;est appuyé sur FO afin de contrer la CGT, ce syndicat de municipaux devenu omniprésent mène un jeu trouble avec les édiles en laissant peu de place à la contestation. Difficile de bosser dans cette ville sans sa carte. En 2012, le secrétaire général du syndicat est débarqué pour ses dérives et ses liens avec Guérini. En 2014, Jean-Claude Gaudin reçoit une « <i>carte</i><i> </i><i>de</i><i> </i><i>membre</i><i> </i><i>d&rsquo;honneur</i><i> </i><i>du</i><i> </i><i>syndicat</i> ». Merci patron !</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La culture à Martigues : la CGT contre l&#8217;autocratie managériale</title>
		<link>https://justelibre.toile-libre.org/2014/02/28/la-culture-a-martigues-la-cgt-contre-lautocratie-manageriale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[justelibre]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Feb 2014 16:47:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Région de Martigues]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicalisme]]></category>
		<category><![CDATA[CGT]]></category>
		<category><![CDATA[Grève]]></category>
		<category><![CDATA[Services culturels]]></category>
		<category><![CDATA[Souffrance au travail]]></category>
		<category><![CDATA[Ville de Martigues]]></category>
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					<description><![CDATA[Le 31 janvier 2014, la CGT du personnel de la ville de Martigues appelait les salarié-es des services culturels à une réunion d&#8217;information syndicale. Celle-ci faisait suite à de nombreuses autres assemblées générales et réunions des travailleurs de ce secteur. Indignés par les témoignages des collègues du musée Ziem qui venaient alourdir de façon insupportable [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/tract-greve-du-13-2-14.pdf"><img decoding="async" class="alignleft  wp-image-560" src="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Sans-titre-300x59.jpg" alt="Sans titre" /></a>Le 31 janvier 2014, la CGT du personnel de la ville de Martigues appelait les salarié-es des services culturels à une réunion d&rsquo;information syndicale. Celle-ci faisait suite à de nombreuses autres assemblées générales et réunions des travailleurs de ce secteur. Indignés par les témoignages des collègues du musée Ziem qui venaient alourdir de façon insupportable le dossier des dysfonctionnements de la gestion de la médiathèque, des archives, de la direction culturelle, de la galerie d&rsquo;histoire et de la cinémathèque, les travailleurs présents votent la grève à l&rsquo;unanimité. Fixé au 13 février, le préavis prévoit un débrayage d&rsquo;une heure reconductible chaque jour. Un <a href="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/tract-greve-du-13-2-14.pdf">tract</a> et un <a href="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/Cahier-revendicatif.pdf">cahier revendicatif</a> sont élaborés collectivement.<span id="more-559"></span></p>
<p>Le 10 février, le Député-Maire, deux membres de son cabinet, l&rsquo;adjoint à la culture et la directrice des Ressources humaines reçoivent une délégation d&rsquo;une quinzaine de personnes. Le Député-Maire communiste commence par insister sur la nécessité de respecter la hiérarchie et l&rsquo;autorité. Il fait allusion aux élections paritaires qui suivront les élections municipales : la CGT est donc elle aussi en campagne. Comme si il ne s&rsquo;agissait pas d&rsquo;une lutte et d&rsquo;un problème concret mais d&rsquo;une simple tactique électoraliste. Les revendications sont présentées.</p>
<p>Le Député-Maire tient à séparer ce qui relève de l&rsquo;administratif (statuts, fiches de postes, organigrammes) du climat et de l&rsquo;ambiance. Ce dernier point lui semble le plus difficile à résoudre. Sa proposition consiste en un groupe de travail restreint comprenant les chefs de services qui tenterait de trouver des solutions en renouant le dialogue. Mais il n&rsquo;admet pas clairement que les risques psychosociaux le concernent directement – ce serait l&rsquo;affaire de la psychologue du travail et des directions uniquement &#8211; et il semble ne pas considérer le cahier revendicatif comme une base de négociations.</p>
<p>Le mardi 11 février, une AG du personnel des services culturels se tient afin de rendre compte de l&rsquo;entretien de la veille. Après discussions, les salarié-es présent-es maintiennent la grève à l&rsquo;unanimité. La proposition du groupe de travail restreint incluant les directions de services est rejetée à l&rsquo;unanimité moins 3 abstentions.</p>
<p>Le mercredi 12 février, les autorités, constatant que le préavis de grève n&rsquo;a pas été levé, convoquent en urgence le bureau du syndicat. Elles proposent la suspension de la grève en échange de la mise en place de négociations employeur-personnel sans les chefs de services sur la base du cahier revendicatif. Le bureau du syndicat consent à suspendre la grève. Le lendemain, la grève se transforme en AG où sont présentées les propositions des élus. Celles-ci sont acceptées mais le préavis de grève court toujours. La délégation chargée de négocier se constitue.</p>
<p>Les négociations entamées laissent le personnel dans une grande insatisfaction. Les élus refusent de remettre en question la définition des postes des chefs de service. Des réunions de travail avec l&rsquo;encadrement sont prévues mais les représentant-es du personnel ne pourront y assister. Le syndicat ayant épuisé ses droits aux heures d&rsquo;informations syndicales peut difficilement rendre compte de ces discussions et le personnel ne peut plus débattre, s&rsquo;exprimer et décider de la lutte.</p>
<p>À suivre&#8230;</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Dimanche : ni dieu, ni patron, ni caddie !</title>
		<link>https://justelibre.toile-libre.org/2013/09/29/dimanche-ni-dieu-ni-patron-ni-caddie/</link>
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		<pubDate>Sun, 29 Sep 2013 10:50:04 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[Le texte qui suit est un tract qui avait été rédigé par le syndicat CNT-Interco 69 en 2009 au cours d&#8217;une campagne contre le travail dominical. Sa publication au Combat syndicaliste &#8211; le mensuel de la CNT Vignoles &#8211; avait été refusée au motif de son titre ; « la CNT n&#8217;étant pas contre les [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Le texte qui suit est un tract qui avait été rédigé par le syndicat CNT-Interco 69 en 2009 au cours d&rsquo;une campagne contre le travail dominical. Sa publication au Combat syndicaliste &#8211; le mensuel de la CNT Vignoles &#8211; avait été refusée au motif de son titre ; </em>« <em>la CNT n&rsquo;étant pas</em> <em><em>contre les croyances</em> » &#8230;  Au-delà de l&rsquo;ineptie d&rsquo;un tel argument pour une organisation qui se disait anarcho-syndicaliste ou syndicaliste révolutionnaire, il semble que la thématique soit toujours d&rsquo;actualité.  <span id="more-472"></span></em></p>
<p>Depuis les années 90, le travail dominical a étendu considérablement son emprise. Aujourd&rsquo;hui, de façon régulière ou occasionnelle, plus d&rsquo;un quart des personnes employées va au turbin le dimanche. En 2008, 12,1 % des salarié-es bossaient habituellement ce jour-là contre 10,2 % en 2002. Une énorme proportion (96 %) de celles et ceux-ci va également au boulot le samedi, plus d&rsquo;un tiers n&rsquo;a pas de repos compensateur, a des horaires quotidiens variables décidés par les patrons et travaille très souvent de nuit (1).<sup><a href="#sdfootnote1sym" name="sdfootnote1anc"></a></sup> Triste tableau. Tristes dimanches.</p>
<p>Estimant probablement que cette évolution était trop lente, l&rsquo;État a souhaité l&rsquo;accélérer par la législation. La <span style="color: #000080;"><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.legifrance.gouv.fr/jopdf//jopdf/2009/0811/joe_20090811_0002.pdf" target="_blank">loi 2009-974 du 10 août 2009</a></span></span> a assoupli les conditions de travail dominical en supprimant les autorisations préalables en zones touristiques et thermales et, pour les unités urbaines de plus d&rsquo;un million d&rsquo;habitants, en donnant la possibilité aux autorités de délimiter un « <em>périmètre d’usage de consommation exceptionnel</em> » sur lequel le travail du dimanche serait facilité.</p>
<p>Au-delà du flou et des subtilités de la loi &#8211; qu&rsquo;il faut pourtant maîtriser pour se défendre &#8211; c&rsquo;est la question d&rsquo;un choix de société qui se pose. Le pouvoir crée les conditions pour une civilisation où production et consommation n&rsquo;auront plus de limite. Le dimanche est jusque-là encore le moment où beaucoup peuvent ne rien foutre, se reposer, exercer un sport ou une pratique artistique, se balader, sortir, bricoler, se retrouver avec leurs proches, leurs familles, leurs ami-es, se cultiver ou se divertir etc. Bref vivre à l&rsquo;écart des contraintes salariales. Désormais, dans le cycle hebdomadaire, les politicards et les patrons imposent que la machine à consommer, servir et produire ne s&rsquo;arrête jamais. Ils profitent de la précarisation accrue de la main d&rsquo;œuvre qui, pour subvenir à ses besoins, n&rsquo;a plus le choix.</p>
<p>L&rsquo;ensemble est empaqueté dans une propagande à base de volontariat, de ré-affirmation des garanties et de consommateurs-électeurs à satisfaire. Mais l&rsquo;intention est claire. Maintenant le dimanche, le populo devra faire des sacrifices aux dieux du capital, de l&rsquo;État et de la marchandise après s&rsquo;être fait sermonné pendant des siècles par les curés. La consommation règne. Le peuple trinque. Les vitrines réservées à la bourgeoisie sont toujours plus rutilantes pendant que les plus pauvres sont poussés au sur-endettement.</p>
<p>Face à de telles perspectives, il convient de résister en demandant le retrait de cette loi. En boycottant les établissements commerciaux ouverts le dimanche. En informant les travailleurs de leurs droits, en les incitant et en les aidant à se défendre collectivement face aux patrons qui exigent le travail dominical. Afin de donner à chacun-e la possibilité de vivre sa vie et de s&rsquo;émanciper hors de l&rsquo;exploitation salariale et de la consommation abrutissante, la CNT-Interco du Rhône revendique une réduction radicale des inégalités de salaires et du temps de travail. La liberté, l&rsquo;égalité et l&rsquo;entraide ne s&rsquo;achètent pas dans les supermarchés.</p>
<div id="sdfootnote1">
<p><a href="#sdfootnote1anc" name="sdfootnote1sym"></a>(1) Source : DARES, octobre 2009.</p>
</div>
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		<title>Socialiser tout le salaire : est-ce encore le salariat ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[justelibre]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Jun 2013 18:19:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Bernard Friot]]></category>
		<category><![CDATA[salaire universel]]></category>
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					<description><![CDATA[Dans un livre paru en 2012 (1), Bernard Friot propose l&#8217;instauration d&#8217;un salaire universel financé par des cotisations à des caisses sociales prélevant l&#8217;ensemble du PIB. Ce salaire universel est attribué automatiquement à tous dès la majorité avec un premier niveau de qualification. Il est inconditionnel et dure toute la vie. La qualification est attribuée [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans un livre paru en 2012 (1), Bernard Friot propose l&rsquo;instauration d&rsquo;un salaire universel financé par des cotisations à des caisses sociales prélevant l&rsquo;ensemble du PIB. Ce salaire universel est attribué automatiquement à tous dès la majorité avec un premier niveau de qualification. Il est inconditionnel et dure toute la vie. La qualification est attribuée à la personne et non pas au travail ou au poste occupé. Elle est inaliénable. <span id="more-398"></span>Friot envisage quatre niveaux de qualification allant de 1500 € à 6000 € net mensuels. Le passage d&rsquo;une qualification à une autre se fait au moyen d&rsquo;épreuves qui ne sont pas liées à l&rsquo;école. Les modalités de ses épreuves, la prise en compte des diplômes et de l&rsquo;expérience, la composition des jurys sont à délibérer. À la différence du revenu inconditionnel de base, le salaire universel suppose la suppression de l&#8217;emploi et de son marché, c&rsquo;est-à-dire la définition par le capital de ce qui possède une valeur ou non en termes d&rsquo;activités. Les salariés ne sont plus obligés de vendre leur force de travail puisqu&rsquo;ils touchent de toute façon un salaire.</p>
<p>La disparition de l&#8217;emploi conduit à l&rsquo;anéantissement du chômage, du plein-emploi, du temps partiel et surtout de la notion d&#8217;employeur. Le salaire est distribué par les caisses sociales et non par l&rsquo;entreprise. Celle-ci est désormais simplement composée de collectifs de qualifiés copropriétaires d&rsquo;usage de l&rsquo;outil de travail. L&rsquo;entreprise embauche et pour ce faire doit être attractive en l&rsquo;absence de marché du travail. Elle peut aussi licencier mais la personne concernée garde son salaire et sa qualification. La cotisation sur la valeur ajoutée comprend également une part attribuée à l&rsquo;investissement. L&rsquo;affectation de celui-ci est déterminée démocratiquement. Le salaire universel implique la suppression de la propriété lucrative, du crédit et de la notion de revenu. Seule subsiste, en plus du salaire universel, une épargne d&rsquo;usage non ponctionnée sur le travail d&rsquo;autrui mais indexée sur la hausse nominale du PIB auquel chacun participe.</p>
<p>Friot tient une terminologie très réfléchie dans laquelle le terme de salariat ne devrait pas être laissé aux mains du capital au nom de ce que les luttes passées ont permis de conquérir sur ce terrain. Le salariat a toujours constitué une source intolérable de subordination pour les anarchistes. Son abolition constitue un objectif historique du mouvement ouvrier. Un but aujourd&rsquo;hui oublié mais qui a motivé les combats d&rsquo;autrefois même si ceux-ci n&rsquo;aboutissaient qu&rsquo;à des aménagements. Mais Friot n&rsquo;adhère pas au modèle de l&rsquo;autogestion et de l&rsquo;association libre des producteurs. Dans son projet, il ne remet pas en cause le pouvoir, la hiérarchie et la division des tâches dans la production. C&rsquo;est donc bien aussi pour cela que le maintien du terme de salariat – au sens de subordination – est important pour lui.</p>
<p>Empreint d&rsquo;économie marxiste, Friot semble penser qu&rsquo;à partir du moment où la définition par le capital de la valeur sera supprimée, l&rsquo;essentiel sera fait. En un sens c&rsquo;est exact car l&rsquo;exploitation économique aura disparue. Mais le pouvoir subsistera au sein des collectifs de travail. Friot s&rsquo;appuie sur le modèle de la Fonction publique d&rsquo;État. Mais quiconque est fonctionnaire sait bien que la mise hors marché n&rsquo;implique pas forcément la coopération et n&#8217;empêche pas la volonté de dominer voire d&rsquo;écraser autrui à travers la hiérarchie, l&rsquo;organisation et le désir de pouvoir. Celui-ci n&rsquo;est pas qu&rsquo;une affaire économique. C&rsquo;est toute l&rsquo;histoire de la bureaucratie, de l&rsquo;État et de l&rsquo;élite managériale. Friot compare le salaire universel au suffrage universel. Or, si celui-ci est un progrès par rapport aux tyrannies, nous anarchistes savons à quel point il est aussi source de grandes illusions.</p>
<p>Curieusement le projet de Friot n&rsquo;est pas autre chose qu&rsquo;une sorte d&rsquo;abolition du salariat au nom même du salariat par la transmutation du terme en son sens contraire. Un salaire totalement socialisé est-ce encore du salaire ? Mais si il ne va pas au bout des choses, il est clair que son schéma est révolutionnaire et émancipateur ne serait-ce que par la complète inversion du rapport de forces qu&rsquo;il nécessite. Ses propositions offrent un point d&rsquo;appui important pour repartir à l&rsquo;offensive et sortir des luttes de défense d&rsquo;acquis dans lesquelles le mouvement social est enfermé. Ce d&rsquo;autant plus que ce ne sont pas des élucubrations abstraites. Son modèle se base sur la résultante du rapport de force entre travail et capital depuis la naissance du mouvement ouvrier : cotisations, mutualisations, syndicats, caisses sociales, retraites socialisées, conventions collectives, fonction publique etc. Le salaire universel n&rsquo;est pas utopique : il est en partie déjà là. Mais sa réalisation si elle est peut-être souhaitable ne dispensera pas de se poser la question de la division des tâches, des hiérarchies et plus largement du pouvoir et ceci bien au-delà de la sphère économique.</p>
<p>(1) <em>L&rsquo;enjeu du salaire</em>, Bernard Friot, La Dispute, 2012.</p>
<p style="text-align: right;">Alexis – Groupe Orwell de Martigues</p>
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		<title>Projectionnistes : le numérique volatilise un métier</title>
		<link>https://justelibre.toile-libre.org/2013/03/28/projectionnistes-le-numerique-volatilise-un-metier/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[justelibre]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Mar 2013 15:08:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[À l&#8217;occasion d&#8217;une action syndicale dans un cinéma Pathé, j&#8217;avais rencontré un projectionniste sur son lieu et pendant son temps de travail. Le gars s&#8217;occupait de 16 salles en même temps. Malgré cette charge très importante, le moins qu&#8217;on puisse dire est qu&#8217;il s&#8217;ennuyait ferme. Tout était contrôlé par informatique. Les films sur disque dur [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-medium" src="https://justelibre.toile-libre.org/wp-content/uploads/800px-Sortieusinelumiere.jpg" alt="Extrait du film " width="800" height="536" />À l&rsquo;occasion d&rsquo;une action syndicale dans un cinéma Pathé, j&rsquo;avais rencontré un projectionniste sur son lieu et pendant son temps de travail. Le gars s&rsquo;occupait de 16 salles en même temps. Malgré cette charge très importante, le moins qu&rsquo;on puisse dire est qu&rsquo;il s&rsquo;ennuyait ferme. <span id="more-274"></span>Tout était contrôlé par informatique. Les films sur disque dur à usage unique était lancé automatiquement et le projectionniste pendant ce temps n&rsquo;avait pas grand chose à faire. Devenu quasiment inutile, il s&rsquo;occupait en faisant de la récup&rsquo; de vieilles bobines argentiques dont il assemblait des bouts comme pour en faire un tableau. Le type déprimait sec. Et pour cause. J&rsquo;assistais tout simplement à la mort d&rsquo;un métier et d&rsquo;un savoir-faire. Pour aussi imparfait qu&rsquo;il était, l&rsquo;argentique nécessitait un travail manuel méticuleux : montage des bobines, entretien de la pellicule, surveillance de la qualité de la projection, netteté de l&rsquo;image, bon niveau de son, réglage des objectifs, nettoyage des projecteurs, redémontage des bobines etc.</p>
<p>Avec le numérique, les grosses multinationales du cinéma engrangent un maximum de profits : le coût technique est diminué considérablement et surtout le projectionniste est déqualifié lorsqu&rsquo;il n&rsquo;est tout simplement pas supprimé. Pour le public, le coût des places est toujours aussi cher, sans parler du gavage en glucose et en pubs dans les salles commerciales.</p>
<p>Bref comme dans bien d&rsquo;autres métiers, la technologie induit une dépossession des savoir-faire, une déshumanisation et une hétéronomie accrue. Le tout pour satisfaire à des logiques de profits ou tout simplement, dans le cas de salle non commerciale, pour ne pas avoir l&rsquo;air d&rsquo;être dépassé et suivre le discours dominant sur le progrès. Les collectifs de travail s&rsquo;en trouvent soumis à des pressions énormes et pour les projectionnistes c&rsquo;est la fin d&rsquo;un métier.</p>
<p>Afin de lutter contre cette casse, <a href="http://www.cnt-f.org/greve-illimitee-dans-les-cinemas-gaumont-pathe-du-30-mars-au-30-avril.html">la Fédération Communication, Culture Spectacle de la CNT appelle, à une grève illimitée dans les cinémas Gaumont-Pathé du 30 mars au 30 avril</a>.</p>
<p>Voir aussi : <a href="http://www.cnt-f.org/video/textes/94-cinema/446-cinema-numerique-casse-du-metier-de-projectionniste-lutte-chez-gaumont-pathe">Cinéma numérique, casse du métier de projectionniste, lutte chez Gaumont Pathé&#8230;</a></p>
<p style="text-align: right;">Alexis &#8211; Groupe Orwell</p>
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		<title>Pétrochimie : les travailleurs de Kem One mis en péril</title>
		<link>https://justelibre.toile-libre.org/2013/03/26/petrochimie-les-travailleurs-de-kem-one-mis-en-peril/</link>
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		<pubDate>Tue, 26 Mar 2013 13:56:56 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Région de Martigues]]></category>
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		<category><![CDATA[Industrie pétrochimique]]></category>
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					<description><![CDATA[C’est certes un redressement mais judiciaire pas productif. Lundi 25 mars 2013, le pôle vinylique Kem One, dont la production sert notamment à la fabrication de PVC, a été placé en redressement judiciaire suite à cessation de paiement. Ignorant les mises en garde syndicales sur le danger de la démarche, Arkéma avait cédé cette branche [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p lang="fr-FR">C’est certes un redressement mais judiciaire pas productif. Lundi 25 mars 2013, le pôle vinylique Kem One, dont la production sert notamment à la fabrication de PVC, a été placé en redressement judiciaire suite à cessation de paiement. <span id="more-248"></span>Ignorant les mises en garde syndicales sur le danger de la démarche, Arkéma avait cédé cette branche en juillet 2012, pour un euro symbolique, à l’homme d’affaire américain Gary Klesch tout en épongeant 587 millions d’euros de pertes et en fournissant 98 millions de trésorerie. Une opération saluée en bourse comme il se doit. Klesch, qui n’a jamais gardé une entreprise plus de quatre ans, a utilisé les installations pour s’enrichir, fragiliser l’activité et piller la trésorerie sans investir quoi que ce soit.</p>
<p lang="fr-FR">1800 salarié-es sont concerné-es en France. Si selon la CGT, le paiement des salaires est garanti lors de la procédure de redressement judiciaire, le sort de l’entreprise reste très incertain. Gary Klesch ne veut conserver que l’aval de la production entraînant un morcellement des activités dénoncé par les syndicats. Pendant une période de 3 à 18 mois, deux administrateurs et un expert vont se pencher sur les comptes opaques de la société et tenter de trouver une solution viable pour les usines. Le Maire communiste de Martigues appelle à une nationalisation temporaire. Fin novembre 2012, pour ArcellorMittal, Arnaud Montebourg s’était fait remballer avec une telle proposition. La CGT souhaite mettre Arkéma et Total devant leurs responsabilités et propose une filialisation de l’entreprise au sein du groupe Total.</p>
<p lang="fr-FR">Dans la région, Kem One dispose de deux installations à Lavéra et Fos (615 personnes). Mais les travailleurs provençaux de la chimie craignent un effet domino en raison de l’interdépendance de l’ensemble des unités de production alimentées par le principal port européen de livraison pétrolière à Fos. Entre 17 000 et 35 000 travailleurs sont potentiellement menacés. La CGT et FO ne prévoient pas de mettre à l’arrêt les installations afin de montrer que les travailleurs veulent continuer à produire tant qu’ils en auront la possibilité. La grève est donc exclue pour l’instant. FO a effectué un blocage symbolique de l’usine, lundi 25 mars. Suite à une AG réunie le 26 mars, l’intersyndicale a demandé le départ de Gary Klesch.</p>
<p lang="fr-FR">Au moment de la cession par Arkéma, une polémique avait opposé l&rsquo;émission <a href="http://www.la-bas.org/">La bas si j&rsquo;y suis</a>, le journal <a href="http://www.fakirpresse.info/">Fakir</a> et le <a href="http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&amp;id_article=394">collectif Pièces et Main d’œuvre</a> au sujet des nuisances qu&rsquo;entraîne la production de Kem One. Le cœur du débat opposait les pro-industrie défendant l&#8217;emploi à tout prix et les anti-industriels pour qui « <em>nos vies valent plus que nos emplois.</em>» Un livre retrace cette controverse : <strong><em>Métro, boulot, chimio &#8211; </em><em>Débats autour du cancer industriel</em></strong>, Le Monde à l&rsquo;envers, octobre 2012.</p>
<p style="text-align: right;">Groupe Orwell de la Fédération Anarchiste &#8211; Martigues.</p>
<p>&nbsp;</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Disparaissez les ouvriers ?</title>
		<link>https://justelibre.toile-libre.org/2012/12/17/disparaissez-les-ouvriers/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[justelibre]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Dec 2012 20:13:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Région de Martigues]]></category>
		<category><![CDATA[Syndicalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Disparaissez les ouvriers !]]></category>
		<category><![CDATA[Industrie chimique]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
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		<category><![CDATA[Spéculation immobilière]]></category>
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					<description><![CDATA[À la fin septembre 2012, le cinéma Jean Renoir de Martigues proposa une lecture jouée de textes de Simone Weil autour du thème de la résistance et de la condition ouvrière. La soirée se poursuivit par la projection du film Disparaissez les ouvriers ! de Christine Thépénier et Jean-François Priester. Ce film raconte l&#8217;histoire de [&#8230;]]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>À la fin septembre 2012, le cinéma Jean Renoir de Martigues proposa une lecture jouée de textes de Simone Weil autour du thème de la résistance et de la condition ouvrière. La soirée se poursuivit par la projection du film <a href="http://www.disparaissezlesouvriers.fr/"><em>Disparaissez les ouvriers !</em></a> de Christine Thépénier et Jean-François Priester.<span id="more-615"></span></p>
<p>Ce film raconte l&rsquo;histoire de la lutte des ouvriers de Legré-Mante, une usine dans le sud de Marseille, leader sur le marché mondial <a href="http://fr.ekopedia.org/Acide_tartrique">d&rsquo;acides tartriques</a>.  Contre une liquidation frauduleuse, ils ont occupé leur usine pendant 140 jours. Ils perdent leur procès en appel et n&rsquo;obtiennent rien.  Le film montre les conditions de travail scandaleuses et les risques très grands auxquels ils étaient exposés quotidiennement par la malveillance de leur patron. Celui-ci les ayant menés en bateau &#8211; sans vilain jeu de mots : le terrain est situé face à la mer au pied du futur parc des calanques. Un endroit idéal pour construire une jolie marina à touristes parisiens riches. La fermeture était donc prévue depuis longtemps à des fins spéculatives. Le film restitue la parole de ces ouvriers au milieu de cette usine qui tombe en ruine.</p>
<p><iframe loading="lazy" title="Bande Annonce DISPARAISSEZ LES OUVRIERS !" frameborder="0" width="625" height="351" src="https://geo.dailymotion.com/player.html?video=xqc8ts&#038;" allowfullscreen allow="autoplay; fullscreen; picture-in-picture; web-share"></iframe></p>
<p>La projection de ce film fut suivie d&rsquo;un débat. Certains estimèrent que dans la région de Martigues-Fos, une telle abomination ne pourrait avoir lieu. En effet, ce qui caractérisait semble-t-il cette usine était son isolement en tant qu&rsquo;établissement industriel. Le quartier étant plutôt résidentiel. Dans l&rsquo;immense zone d&rsquo;industries pétrochimiques qui environne Martigues, une semblable lutte aurait engagé la solidarité de tout le territoire.</p>
<p>Tandis que les spectateurs parlaient de sauvegarde de l&#8217;emploi industriel, je partis discrètement. Sur le chemin du retour, je me souvins des propos tenus par l&rsquo;un des ouvriers proche de la retraite interrogé sur le sentiment que lui inspirait la vue de son usine à l&rsquo;abandon. Il était au fond content que tout cela soit terminé et qu&rsquo;il n&rsquo;ait pas à remettre les pieds dans ce bagne. Je me rappelais aussi de ceux qui disaient que s&rsquo;ils avaient autant de frics que les parisiens, ils feraient sans doute comme eux et viendraient en villégiature en lieu et place de leur usine. Il y avait aussi les gens du quartier qui regrettaient la disparition des liens de solidarités anciens.</p>
<p>Les propos et les images de ces ouvriers étaient-ils un spectacle comme un autre ? Une usine peut-elle être belle ? N&rsquo;était-ce pas leur lutte qui était belle ? Malgré ou bien même grâce à son désespoir et à son échec. En réalité, dans ce débat, ce qui manquait était la présence physique de ces ouvriers. Leurs mots étant figés sur l&rsquo;écran de nos mémoires. Ils faisaient <em>écran</em> justement. Ce qui manquait c&rsquo;était ce qu&rsquo;ils voulaient réellement. Continuer à travailler dans cette merde ? Avoir de meilleures conditions de travail et un patron « <em>honnête</em> » ? Trouver un autre boulot pour gagner sa vie ? Ne plus bosser ? Que voulaient-ils vraiment ?</p>
<p>Quand, à l&rsquo;échelle de la ville de Martigues, on réfléchit à tout ça, et malgré le quant-à-soi qui fait dire que rien de tout cela ne pourrait arriver ici, on sait bien que le pétrole coulera de moins en moins. Et au-delà que l&rsquo;industrie régionale est menacée par la mondialisation. Lorsque les travailleurs Indiens, Chinois ou autres auront lutté à leur tour pour de meilleurs salaires, l&rsquo;exploitation repartira-t-elle de plus belle ici ? Ou bien la région sera-t-elle transformée en haut lieu touristique ? Martigues, ses plages et ses anciennes usines transformées en centres culturels et autres musées&#8230; La crise aura-t-elle fait basculé la ville vers l&rsquo;extrême droite ? Toutes ces nuisances, tous ces risques, cette pollution qui font que la municipalité est riche et qui font travailler la population &#8211; qui, elle, est plutôt pauvre. Tout cela est-il souhaitable au fond ? Le capitalisme vert n&rsquo;est-il pas de toute façon en train de changer tout ça par lui-même ? L&rsquo;industrialisation de la région de l&rsquo;étang de Berre a été imposée par des capitaux extérieurs en grande partie. Martigues en a bénéficié pour son développement. Il est possible que cette industrie reparte comme elle est venue : par des forces extérieures imposant une autre transformation.</p>
<p>Lors du débat suivant le film, une spectatrice déplora que les ouvriers n&rsquo;aient pas eu envie de s&rsquo;approprier l&rsquo;usine, de repartir en coopérative etc. En réalité, c&rsquo;est un peu ce qu&rsquo;ils faisaient déjà d&rsquo;une part en l&rsquo;occupant et d&rsquo;autre part en la rafistolant en permanence. C&rsquo;était déjà leur usine. Mais à l&rsquo;évidence reprendre cet outil de travail collectivement pour le faire marcher n&rsquo;était vraiment pas dans leur intention. Avaient-ils vraiment le choix ? Et si ils l&rsquo;avaient eu auraient-ils vraiment continuer le même travail dans cette usine délabrée ?</p>
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