
Jeune fille, Baltasar Lobo, 1968, bronze, 1,05 m x 0,55 m x 0,50 m, fonderie Valsuani, Paris, 3/8 ; parvis de la Prud’homie de pêche, quai Lucien Toulmond, Martigues, France (13), photo service ville d’Art et Histoire, Martigues, août 2019.
J’ai fait la connaissance de Baltasar Lobo à Martigues dans la région de Marseille. Plus exactement, c’est sur le parvis devant le tribunal de pêche, quai Lucien Toulmond, dans le quartier de L’Île que j’ai rencontré sa Jeune fille. Il n’est pas si courant de croiser des sculptures sur le chemin de son quotidien ; l’art de la rue, l’art dans la vie.
Localement parfois surnommée “La petite sirène” en référence à la célèbre statue de Copenhague, elle est assise au milieu des camions servant aux pêcheurs, des voitures, à côté du bar des Halles, à peine remarquée ; gênant le passage comme une anomalie oubliée et laissée pudiquement de côté.
Intrigué, attiré par son érotisme simple, curieux de cette Jeune fille, à la fois mystérieuse et proche, sensuelle et évasive, j’ai voulu lui parler. Qui l’a sculptée ? Pourquoi est-elle là ? Quelle place tient-elle dans l’œuvre de son créateur ? J’ai découvert une forme de cohérence entre l’esthétique de cette statue, la façon dont elle s’adresse à mes sens et à mes pensées, et ce que je sais, désormais, de la vie de son sculpteur.
Durant le Super Bowl de 1984, Apple présenta son Macintosh avec une publicité montrant une jeune femme blonde, sportive et svelte courant le long de l’allée centrale d’un cinéma uniformément rempli de travailleurs en costumes gris. L’héroïne lançait un marteau sur un Big Brother prenant tout l’écran. Grâce au Macintosh, 1984 n’aurait rien à voir avec « 1984 » disait la voix off. Comment est-on passé d’une représentation de l’informatique aliénante, bureaucratique, centralisatrice et coercitive à celle d’une technologie émancipatrice, décentralisée, rebelle et créative ? C’est ce que décrit « Aux sources de l’utopie numérique » (1) en suivant l’itinéraire édifiant de Stewart Brand.
La guerre au Mali a singulièrement manqué d’analyses géopolitiques critiques, tout étant recouvert par le matraquage médiatique. Bien peu de voix y compris chez les anarchistes se sont élevées contre l’intervention française et pratiquement aucune action ne s’est déroulée en protestation. Un livre collectif vient de paraître à La Découverte :